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Touché mais pas coulé

Choc entre deux prétendants aux phases finales dans un Stade de France qui n’a pas fait le plein. Les parisiens, après deux défaites consécutives, veulent réenclencher la marche avant tandis que les varois – qui restent sur deux prolifiques victoires – comptent s’accrocher à cette précieuse troisième place. Un match, en direct sur Canal +, commenté par Christophe Laussucq.

Première mêlée et première pénalité pour les locaux, Attoub prenant le meilleur sur Emmanuelli. Dupuy manque la cible, ce qui ne sera pas le cas de Wilkinson, deux minutes plus tard. Malgré cette ouverture du score, les toulonnais subissent les offensives adverses. Les coups de pied hasardeux de Warwick et un deuxième échec de Dupuy leurs permettent toutefois de rester devant, Wilkinson se permettant même le luxe d’ajouter trois nouveaux points. Entre temps les sanguins Botha (en mode Chesney souriant) et Papé avaient fait connaissance. Vient la vingt-deuxième minute avec cette blessure de Sir Johnny que l’on espère pas trop grave (Canal + parle de trois semaines). Giteau est repositionné au centre, tandis que Messina fait son entrée. Le Stade français continue à appuyer sur l’accélérateur et c’est fort logiquement qu’il revient à hauteur (6-6). Le RCT, sevré de ballons (en cause, notamment, une touche plus que jamais défaillante) est contraint à défendre. Il aura fallu attendre la toute dernière minute de cette insipide première période (nombreux en-avant, mêlées brouillonnes) pour voir les visiteurs enchainer quelques temps de jeu et semer un peu la zizanie dans la défense parisienne. Une pénalité récoltée sur le gong permet même aux toulonnais de virer en tête aux citrons (6-9). Contre le cours du jeu.

Le début du deuxième acte est encore à l’avantage des locaux qui ont fait entrer Contepomi. Dupuy égalise avant que Papé vienne concrétiser la domination parisienne d’un essai initié par une grosse accélération de Sackey (16-9). S’en suit une période de domination toulonnaise de dix minutes. À tour de rôle Smith et Armitage mettent le feu dans la défense locale. Malheureusement la finition laisse à désirer et Giteau & Lapeyre ratent deux pénalités sur les trois tentés. La plus difficile (des 50 mètres) permet, néanmoins, aux Rouge & Noir de rester au contact, à quatre longueurs des stadistes (16-12). À dix minutes de la fin, Dupuy, d’une énième pénalité, leurs redonne un peu d’air. Le « Ercété » ne se contente pas du bonus défensif et parvient à investir le camp parisien. Giteau affole la défense et suite à plusieurs temps de jeu Armitage vient finalement inscrire un essai en bout de ligne, alors que les cloches avaient retenti. C’est à Giteau que revient la lourde charge de transformer en coin cet essai inespéré. L’australien ne tremble pas et permet aux varois de repartir avec deux points (et d’en enlever deux supplémentaires à un concurrent direct) précieux dans la course aux phases finales (19-19). Sur le fil. Dur pour des parisiens qui ont globalement dominé la partie même si nos Rouge & Noir ont eu le mérite de se se battre et d’y croire jusqu’au bout. On aurait quand même souhaité qu’ils « se bougent » un peu plus tôt. Et surtout qu’ils ne retombent pas dans leur travers en touche (sept munitions gaspillées !). Au regard de cette seule statistique le match nul est déjà un exploit.

Pour la réception de Montpellier, autre concurrent direct, il sera nécessaire de retravailler les fondamentaux (je n’aurais pas filé une semaine de vacances moi…) : touche mais aussi mêlée, bousculée aujourd’hui. Au niveau individuel, je note, une fois de plus, l’excellente prestation d’Armitage, au four et au moulin et même capable de reprendre un Sackey lancé à pleine vitesse, la prestation de Giteau qui a remis l’équipe sur de bons rails et qui a bien plus d’influence sur le jeu qu’au centre, la rentrée de Shaw qui a soulagé un peu la touche. Emannuelli, selon moi, n’est plus au niveau et le poste de pilier gauche reste notre principal talon d’Achille.

Prochain rdv le 2 mars, à Mayol. Avec Rémy Martin sur le terrain ? :D

Toulon en roue libre

Quatrième victoire bonifiée d’affilée pour le RCT à l’issue d’une partie plutôt bien maitrisée. Un large succès (44 – 7) qui doit, néanmoins, être tempéré au vu de la modeste opposition bordelaise. Après avoir assuré l’essentiel face au LOU, le week-end dernier, le staff de l’UBB avait décidé de faire tourner l’effectif. Au vu du nombre de placages manqués et du manque d’inspiration offensif, on peut dire que cela n’est pas passé inaperçu.

J’ai noté, au niveau collectif :

  • une belle entame de match, faite de pression et de sorties de balle rapides. Cette domination ne fut malheureusement que modestement concrétisée, à la onzième minute, par une pénalité de Wilkinson ;
  • nos essais en première main, fruit d’un bon travail en amont, à l’entrainement ;
  • les vingts premières minutes de la seconde période bafouillées ;
  • l’excès de lancers sur Samson qui nous a coûté deux touches intéressantes à proximité de la ligne d’en-but bordelaise. La réussite est revenue dès lors qu’on a varié en visant VNK ou Armitage, à l’image du deuxième essai de Lewis-Roberts ;
  • un manque d’alternance dans le jeu, parfois, avec trop de même sens qui facilite la défense adverse. Je pense notamment à la fois où on revient trois fois dans le fermé au lieu d’inverser.

J’ai noté, au niveau individuel :

  • l’entrée prolifique de Lewis-Roberts, auteur de deux essais. Profil très intéressant à quelques mètres de la ligne d’en-but ;

  • la bonne partie de Samson qui fait petit à petit son trou, malgré une forte concurrence. Bon sauteur et présent dans le jeu courant ;
  • l’excellente partie, une fois encore, d’Armitage. Disponible, gratteur, coureur, avançant systématiquement ovale en main. La bonne pioche du recrutement ;
  • Tillous-Borde, en progression (grosse activité, éjection rapide, bel essai) même si je continue à pester contre certains coups de pied par dessus peu pertinents et quelques mauvais choix ;

  • le nouveau 100% de Wilko, décidément très adroit ces dernières semaines ;
  • Giteau offre un essai aux visiteurs mais revient sauver, par deux fois, la maison Rouge et Noire. En attente de son premier coup d’éclat offensif ;
  • Bastareaud, moins présent que face à Bayonne et toujours à la recherche de son premier essai. Intéressant car il monopolise toujours deux/trois défenseurs mais a du mal à faire jouer derrière lui. A dégueulé deux/trois ballons. Remplacé par Messina qui inscrit un essai en moins de cinq minutes de temps de jeu. Forte concurrence au centre. ;
  • les montées en pointe de Smith, toujours aussi kamikazes, ajoutées à des placages peu précis. Beau travail sur le premier essai, néanmoins ;
  • l’assurance de Lapeyre, à l’arrière. Belle passe sur un pas, sur le premier essai, mais jeu au pied toujours aussi discutable, raison pour laquelle je le préfère à l’aile. Ceci permettrait, du reste, d’essayer Palisson, peu à l’aise à l’aile, en XV.

Au final, une partition intéressante qu’il faudra, au moins, rejouer le week-end prochain face au Stade-Français, une toute autre opposition. En attendant, le RCT compte six points d’avance sur le cinquième et treize sur le septième, premier non qualifié pour la H-CUP 2012-2013. De quoi préparer sereinement le déplacement en terre parisienne.

12
fév 2012
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Une victoire en trompe l’œil

Mourad Boudjellal ne pourra pas se plaindre de l’arbitrage ce soir, au sortir de la victoire de son équipe sur de courageux bayonnais. L’expulsion (définitive) sévère de Yohan Huget (26′), qui faisait son retour à la compétition, a facilité le match des toulonnais et fait gonfler le score d’une partie jusqu’alors plutôt équilibrée.

Malgré cette large victoire bonifiée (50 – 10), nous avons assisté à un match d’un niveau assez faible ponctué par de nombreuses fautes et en-avant. La première mi-temps fut, notamment, d’un ennui total tout juste éclairée par cette occasion d’essai de Palisson qui buta sur Heymans. En seconde période, le RCT, en supériorité numérique, réussit à accélérer, inscrivant cinq essais. Pas de quoi pavoiser pour autant, d’autant plus que nous avons été sérieusement bougé en mêlée fermée (trois de perdues sur notre propre introduction).

J’ai aimé :

  • le 100% de Wilko (le deuxième consécutif, en championnat) ;

  • la deuxième moitié de la seconde période dans laquelle nous avons su accélérer et faire quelques bons choix pour aller chercher le bonus offensif ;

  • la partie d’Armitage, coureur et disponible ;

  • Bastareaud, un peu plus tonique que les matchs précédents et avançant sur chaque duel ;

  • la rentrée de Messina. : un ballon arraché dans les mains d’un bayonnais dès son entrée, un bel essai, une magnifique passe en aveugle. Un petit bémol, cependant, sur l’essai bayonnais sur lequel Geoffroy glisse peut-être un peu trop rapidement.

Je n’ai pas aimé :

  • la première mi-temps indigeste. Absence de maitrise, sorties de balle trop lente, bayonnais à la faute. Ennuyant ;

  • notre inquiétante performance en fermée ;

  • les coups de pied par dessus de Tillous-Borde directement sur Heymans, à chaque renvoi, en première période. Peut-on m’expliquer l’intérêt ? Le demi de mêlée fut même contré (20′), ce qui aurait pu amener un essai bayonnais ;

  • le sévère carton rouge d’Huget qui vient fausser la partie (et ce même si cela nous a facilité la tâche) ;

  • VNK qui tape (mal) au pied ;

  • le même VNK qui décide, de façon peu judicieuse, alors que nous avons été dominé dans ce secteur, de prendre une mêlée à cinq sur une pénalité en notre faveur (35′) ;

  • les « et ils sont où les bayonnais » scandé par le public de Mayol. Il existe d’autres manières d’exprimer sa joie, surtout que notre partition n’incite pas à l’enthousiasme béat.

Je reste dubitatif :

  • sur l’apport de S. Shaw, que cela soit dans le jeu ou en mêlée fermée.

Un petit mot, pour finir, sur M. Boudjellal qui honorait sa suspension de 130 jours. Le président des Rouge et Noir, en malin qu’il est, a suivi la rencontre depuis le toit du tunnel menant aux vestiaires. Une façon de rester au plus près de la pelouse et de ses joueurs tout en faisant grogner la ligue. Un stratagème qui sera cependant difficile de répéter à l’extérieur.

29
jan 2012
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130 jours de tribune pour Boudjellal

La sentence est donc tombée : suite à sa sortie du 8 janvier denier (« sodomie arbitrale »), Mourad Boudjellal se voit interdit d’accès à l’enceinte de jeu (terrain et zone mitoyenne entre le terrain et le public), aux vestiaires (des équipes et des arbitres), ainsi qu’aux couloirs d’accès à ces zones pendant 130 jours (soit jusqu’au 3 juin prochain). Une sanction qui apparait disproportionnée pour une simple déclaration d’après match, certes déplacée. De toute évidence, cette décision de la commission de la discipline de la LNR vient davantage sanctionner la personnalité et le franc-parler du président du RCT que sa simple réaction à chaud, à l’issue du match face à Clermont. L’occasion était trop belle pour pouvoir la manquer.

Concrètement, cela ne va cependant pas changer grand chose à la vie du boss du RCT. Il pourra ainsi continuer à gérer tranquillement le club et sera juste contraint de suivre les rencontres du « Ercété » depuis les tribunes. Comme tous ses homologues, en réalité. Sachant que le président des Rouge et Noir aime se situer au plus près de ses joueurs (dans les vestiaires, au bord du terrain) cela s’apparente davantage à une punition enfantine qu’à un châtiment.

Il n’empêche que cette affaire appelle quelques constats. D’abord, il est amusant de noter qu’en France, nous pouvons (et heureusement !) chanter des textes engagés, écrire des ouvrages à charge sur un président de la République en exercice, faire preuve de satire à l’égard des politiques et célébrités, etc. mais que nous devons peser chaque mot dès lors que nous sommes licenciés de rugby. Autre point notable : le manque total de transparence. Alors que l’audience de M. Boudjellal devait être rendue publique, M. Guers, président de la commission de discipline de la LNR, a prétexté, au dernier moment, mercredi, une salle trop exigüe pour pouvoir accueillir les journalistes présents (sic), tout en promettant d’offrir l’enregistrement vidéo. Or, nous apprenions, hier, que ce dernier ne serait finalement pas rendu public. Enfin, il me semble qu’il existe un certain manque de cohérence et de partialité chez la LNR. Comment expliquer, sinon, que Pierre Berbizier et Sébastien Chabal qui avaient également, la saison passée, remis en cause l’arbitrage aient écopé de soixante jours de suspension (ramenés à trente pour le joueur, en échange de travaux d’intérêt général). Le terme « sodomie » vaut-il, à lui tout seul, soixante-dix jours ? Par ailleurs, partant du postulat qu’il est interdit de critiquer un arbitre, comment cela se fait-il que M. Labit, co-entraineur de Castres, n’est même pas été convoqué en commission de discipline suite à une sortie appuyée lors de la défaite de son équipe, au Racing, en octobre dernier ?

Toute cette mascarade correspond t-elle aux valeurs du rugby, expression pompeuse si souvent rabâchée ? Le bafouement de la liberté d’expression et l’absence de transparence en font-elles parties ?

Quoiqu’il en soit, Mourad Boudjellal devra purger sa peine avant de pouvoir retrouver la pelouse et les vestiaires de Mayol. Aux dernières nouvelles, il ne comptait pas faire appel (qui ne serait pas suspensif). Il remplacera numériquement Olivier Missoup dans le rôle du banni. Nous attendons d’ailleurs avec impatience le nom de la prochaine victime toulonnaise de la commission de discipline. À vos paris.

27
jan 2012
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Boudjellal accuse le rugby français de racisme

Pas sympa ces journalistes sportifs français. Voilà qu’ils ont forcé Mourad Boudjellal à donner une énième interview. :) À la veille de sa convocation devant la commission de discipline, nous aurions pu penser que le président du RCT allait roder sa défense. Pas seulement puisque celui-ci en a profité pour rajouter une nouvelle couche de polémique en taxant le rugby français de « raciste ».

Question qui me vient immédiatement à l’esprit : qui se cache derrière ce terme général de « rugby français » ? Les instances fédérales (LNR, FFR) ? Nous pouvons les trouver archaïques, conservatrices, les soupçonner de copinage mais je doute fortement qu’elles disposent du programme de Marine Le Pen sur leur bureau. Les entraineurs et dirigeants de clubs ? Encore moins probable. Les supporters alors ? Nul doute qu’on y trouve des personnes racistes (y compris dans les travées de Mayol) mais l’affirmer constitue une lapalissade – il y a des racistes partout, au rugby comme ailleurs.

Je ne doute pas (malheureusement) que M. Boudjellal soit victime de propos racistes, oralement ou par écrit, mais cela ne doit pas justifier, à mon sens, ce type de déclaration péremptoire. Cette position victimaire, en outre, ne colle pas très bien au personnage que je préfère en « grande gueule », bousculant les normes établies.

Pour rappel, le président des Rouge et Noir sera auditionné demain par la commission de discipline de la LNR. L’annonce de sa (probable) sanction aura lieu jeudi. Elle fera l’objet de mon prochain article.

24
jan 2012
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Contrat rempli

Le RCT a atteint son but en revenant avec le bonus offensif de son déplacement en Italie. Une victoire bonifiée (6 – 50) synonyme de quart de finale à domicile. N’ayant pas vu cette partie, non télévisée, difficile de se faire une idée de la prestation des Rouge et Noir. Je noterais donc juste que sept essais ont été inscrit (dont deux par un Lapeyre décidément très actif ces derniers temps) alors que six points furent encaissés (contre 22, à l’aller).

Pour ce quart de finale de Challenge Cup, les toulonnais auront l’honneur de recevoir les Harlequins. Les anglais, en s’inclinant chez les irlandais du Connacht (qui n’avaient pas gagné une rencontre jusqu’à là) n’ont pas su profiter de l’opportunité offerte par la défaite toulousaine quand à une qualification en quart de finale de H-Cup. Visiblement capable du meilleur (victorieux à Toulouse), comme du pire, les Quins seront à prendre au sérieux en avril prochain. La forme physique des deux équipes, au démarrage de la dernière ligne droite de la saison, sera probablement un élément clé.

En cas de qualification, le « Ercété » recevra (probablement le Stade-Français) en demi-finale. Il y a deux ans, Toulon n’avait pas su saisir la chance qui lui offrait une finale quasiment à domicile (à Marseille, défaite 28-21 face aux Cardiff Blues). Espérons que nous saurons, cette fois-ci, profiter de ce tirage au sort heureux.

Retour au championnat le week-end prochain avec la réception des bayonnais (samedi, 14h15).

22
jan 2012
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Papy fait de la résistance

Quatre-vingtième minute : le RCT est à la recherche d’un dernier essai dans le but de décrocher une victoire bonifiée sur les lyonnais. Après plusieurs temps de jeu, Palisson hérite de l’ovale sur son aile. Un sublime cadrage-débordement permet à l’international de s’élancer sur 40 mètres avant d’échouer sur l’arrière lyonnais. Dans un soucis de ne pas interrompre l’action, il cherche à transmettre le ballon. Quel est alors le premier partenaire à venir se proposer au soutien ? Ce n’est autre que Kristian Chesney, bientôt 38 ans, mais toujours aussi actif sur le terrain.

Arrivé en provenance des Saracens, en 2009, Chesney a rarement déçu sous le maillot rouge et noir. Endurant, disponible, bon plaqueur il fait parti des bonnes surprises du recrutement PSA/Boudjellal. Joueur de devoir, c’est également un bon brancheur, ce qui ne gâche rien. :D En ce qui me concerne, j’ai donc appris avec regret sa volonté de mettre un terme à sa carrière, en juin prochain. Souhaitons que son remplaçant soit de la même veine.

Et vous, que pensez-vous de ce joueur ?

17
jan 2012
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Les cinq dernières minutes

C’est le titre d’une célèbre série télévisée française, au temps de l’ORTF. Cela correspond aussi à la période la plus intéressante de cette confrontation entre le RCT et le LOU, pour le compte de la cinquième journée du Challenge Européen. À vrai dire, les soixante quinze autres minutes ne furent qu’ennui et désabusement.

Il ne restait donc plus que cinq minutes aux locaux pour arracher un point de bonus offensif (qui comptera au moment de classer les premiers de chaque poule) et marquer, par conséquent, deux essais. Le premier fut offert par les lyonnais suite à une touche très mal négociée, à cinq mètres de leur en-but ; le second, en revanche, ne doit rien aux visiteurs. Les images valent mieux que des mots : http://www.youtube.com/watch?v=OPDDGD9QOYk Soit quatre-vint mètres remontés en une minute-trente (alors que la sirène avait retenti), au travers d’une succession de passes et d’un sauvetage de Lovo, qui aboutiront à cet essai de Rooney dans un Mayol déchainé.

Contrat rempli malgré, à l’image de deux des trois dernières sorties, un niveau de jeu indigent. Certes, l’équipe avait été légèrement remanié par rapport au dernier match face à Clermont mais tout de même, nous sommes en droit d’attendre davantage de maitrise face à une équipe lyonnaise qui a bien d’autres préoccupations que cette « petite » coupe d’Europe. Une nouvelle fois, il a grandement manqué d’imagination, de créativité et de vitesse d’exécution (à l’image d’un Magnaval encore beaucoup trop tendre) aux toulonnais pour franchir l’efficace rideau défensif des rhodaniens. Et ce n’est pas une mêlée dominatrice (face à un pack B lyonnais), notamment en seconde période, qui doit nous réconforter.

Au sein de ce Challenge européen, il ne reste plus, maintenant, qu’à finir le travail, en allant s’imposer avec le point de bonus offensif à Padoue, ce qui, sans manquer de respect aux italiens, ne constituerait pas un exploit. Tout autre résultat pourrait remettre en cause un quart de finale à domicile, en fonction des performances des autres premiers de poule actuels. De quoi aborder cette prochaine rencontre avec le plus grand sérieux.

16
jan 2012
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Si ce soir, j’ai pas envie d’fermer ma gueule

Depuis la tonitruante déclaration d’après-match de Mourad Boudjellal, la polémique ne cesse d’enfler dans le monde du rugby français. Suite aux aveux de Monsieur Berdos qui a reconnu des erreurs (des deux côtés) et aux timides excuses du président de RCT, mardi soir, on aurait pourtant pu penser que le soufflé allait doucement retomber. Mais M. Boudjellal a tenu à rallumer quelques braises en répondant au président de la ligue, M. Revol, qui dénonçait des « métaphores vulgaires et graveleuses », en rapport à la fameuse déclaration d’après-match du boss du « Ercété ». « La vulgarité, c’est d’exhiber dans son bureau le Bouclier de Brennus de 1993 quand on sait dans quelles conditions il a été obtenu. La vulgarité, c’est de me convoquer dans l’intérêt supérieur du rugby quand je sais ce qui se passe au sommet du rugby français. La vulgarité, c’est de dire du mal de quelqu’un dans son dos et de sourire avec lui devant des caméras de télévision. » a t-il ainsi déclaré. Et d’ajouter : « Ma première année de Pro D2, j’avais été un peu virulent à mi-saison, à l’intersaison, les hautes instances du rugby étaient venues me voir devant témoin, « Si tu fermes ta gueule, tu monteras en Top 14, si tu l’ouvres, on va t’envoyer des méchants qui feront en sorte que tu ne montes pas. C’est à toi de choisir maintenant ». Ambiance.

Visiblement, M. Boudjellal a donc décidé d’engager un bras de fer avec la LNR, vieux dossiers à l’appui (qui supposent, tout de même, de solides preuves). Cela dépasse le simple débat sur l’arbitrage, « un métier de merde sous-payé », qu’il faut rapidement réformer et revaloriser, toujours selon le président. À se demander si cette tirade d’après match n’était pas également un prétexte pour régler quelques comptes personnels. Le président du RCT se positionne, en tout cas, plus que jamais, hors du cercle des copains du sud-ouest qui n’ont jamais vu du bon œil son arrivée et ses méthodes.

Finalement, Mourad Boudjellal est un peu le Mélenchon du rugby : un type intelligent, qui a des idées, qui souhaite engager une révolution mais qui a tendance à surjouer devant les caméras ou (au choix) ne parvient pas toujours à se maitriser. Peut être pertinent sur le fond mais laisse parfois à désirer sur la forme. Cela ne m’empêche pas d’apprécier son franc-parler, d’autant plus que je suis souvent en accord avec ses prises de position (contre la politique de quotas nauséabonde, par exemple), y compris la dernière en date relative à l’arbitrage du rugby professionnel. Je trouve, néanmoins, le moment mal choisi. À mon sens, cette logique défaite en terre auvergnate ne prêtait pas à un tel emballement. Emballement que M. Boudjellal et le RCT pourraient payer cher. Le président des Rouge et Noir sera convoqué le 25 janvier prochain devant la commission de discipline de la LNR. Une audience qu’il souhaite ouverte au public. Faîtes entrer l’accusé.

14
jan 2012
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Boudjellal dérape

Mourad Boudjellal n’a pas fait dans la dentelle à la sortie du match face à Clermont. « J’ai connu ma première sodomie arbitrale contre Clermont en demi-finale, je viens de connaître ma deuxième ce soir (dimanche) » a ainsi déclaré le président des Rouge et Noir. Sur la forme, c’est aussi classe qu’une déclaration de Loulou Nicollin mais, à vrai dire, ce n’est pas ce qui me dérange le plus. Il aurait parlé de vol ou d’entubage que personne ne se serait levé de sa chaise.

Non, ce qui m’interpelle plutôt c’est le fond. Autrement dit, qu’est-ce que reproche notre cher président à Monsieur Berdos, arbitre de la rencontre ? Lui en veut-il d’avoir sifflé un en avant très peu évident lors d’un passage main à main entre Rougerie et Byrne (18′), annihilant ainsi une franche occasion d’essai ? Le blâme t-il par rapport à un détachement illicite de la mêlée d’Armitage qui engendra une récupération de l’ovale et une pénalité en notre faveur, dans la foulée, nous permettant de prendre quatre points d’avance (61′) ? Probablement que non. Nul doute, en revanche, qu’il est beaucoup moins indulgent vis à vis du passage à vide de Rougerie (qui ne gêne pas tant que ça un Armitage un peu lourdaud) sur l’essai clermontois ou de l’expulsion sévère, il est vrai, de Smith lors d’une tentative d’interception ponctuée par un en-avant.

À mon sens, M. Berdos a fait des erreurs des deux côtés. Ont-elles fait penché, à elles seules, le sort de la rencontre du côté clermontois ? Je ne le crois pas. Difficile, de plus, de fustiger l’arbitrage quand on a aussi peu de possession de balle, qu’on n’occupe quasiment pas le camp adverse et qu’au final on ne met jamais en danger ce dernier ; et ce même si notre excellente défense nous a permise de rester dans la partie. Cette rencontre méritait donc une autre conclusion, celle, par exemple, qu’on ne nous n’étions pas encore au niveau des plus forts.

Quel sens, alors, accorder à cet énième vive sortie médiatique du président du RCT ? Est-ce simplement de la mauvaise foi ? L’expression (virulente) d’un véritable sentiment d’injustice ? À moins que M. Boudjellal prépare déjà une éventuelle demi-finale face à ces mêmes clermontois (ils devraient finir second et Toulon, en conservant sa troisième place, aurait de bonnes chances de les retrouver en juin prochain) ? Pas impossible.

Mais M. Boudjellal nous livre, aujourd’hui, sa propre explication. Il affirme avoir « été volontairement provocateur » dans le but « de faire bouger les choses en matière d’arbitrage ». Mouais. Personnellement, je ne suis pas certain que cette déclaration d’après-match ait été prémédité et réfléchi. Et même si sa volonté première était d’ouvrir un énième débat sur l’arbitrage (qu’il est nécessaire de réformer, je le conçois), il existait d’autres manières de le faire.

Quoiqu’il en soit, je trouve ces propos démesurés et je ne pense pas qu’ils servent l’image du RCT et de son président. Pas de quoi, cependant, à mon sens, le convoquer devant la commission de discipline comme cela devrait prochainement être le cas. À suivre.

10
jan 2012
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