Toulon est candidat
Après trois matchs sans victoire en championnat le RCT, à la faveur d’une belle deuxième période, a renoué avec le succès (25-22), face une équipe de Toulouse compétitive, et ainsi rassuré ses supporters.
En résumé :
Remettre la marche avant, tel était l’objectif des toulonnais après avoir consommé leur petit pécule de points d’avance sur leurs poursuivants. Il s’agissait également d’effacer les inquiétudes nées des dernières prestations Rouge & Noir, jugées peu convaincantes. De leur côté, les toulousains peinent à digérer leur élimination en H-Cup. Déjà qualifiés directement pour les demi-finales, leur objectif est de préparer au mieux cette échéance. En ce sens, Novès a choisit de présenter son meilleur XV du jour. À Toulon, Fernandez-Lobbe fait son retour en tant que titulaire.
D’entrée de jeu, les toulousains mettent la main sur le ballon. Les varois sont acculés dans leur camp, plient mais ne rompent pas. Au quart d’heure de jeu, les Rouge & Noir du jour ne mènent que 6 à 3. Malmené, le RCT s’en remet à un exploit individuel de Giteau, sur une de ses rares incursions dans le camp adverse. L’australien enclenche le turbo dans les 22 mètres adverses avant de servir sur son aile Palisson, d’une magnifique passe de vingt mètres, pour l’essai. La classe ! La transformation est manquée (8-6). Cet essai encaissé n’entache pas, néanmoins, la volonté des champions de France en titre qui continuent d’enchainer les temps de jeu, s’appuyant notamment sur un Picamoles en grande forme (comme toujours face à Toulon). Fort logiquement, Clerc vient concrétiser cette domination par un essai (qui aurait dû être refusé, selon moi, l’ailier français semblant avoir perdu le contrôle du ballon juste avant d’aplatir) suite à une belle passe sautée de Beauxis. Ce dernier, toujours impeccable au pied, transforme (6-13). Les toulousains ne relâchent pas leur emprise sur la partie et ajoutent une nouvelle pénalité (6-16). Toulon tente de réagir juste avant la mi-temps mais se montre trop maladroit dans le dernier geste. À la pause, les locaux accusent donc un retard de huit points et au vu de la maitrise toulousaine on se dit que Laporte va devoir chanter une incantation devant sa webcam.
Comme face au Stade Français, la semaine dernière, les toulonnais vont pourtant mettre moins de dix minutes pour refaire leur retard. Giteau croise avec Lapeyre qui perce avant d’échouer à quelques encablures de la ligne. Les « gros » sont au relais et Lewis-Roberts se roule en boule pour franchir la ligne d’en-but (15-16). La physionomie du match a complètement changé. C’est maintenant les varois qui monopolisent le ballon (bien aidé par le pizzaiolo visiteur, Tolofua) et mettent sous pression les toulousains, notamment en fermé où le cinq de devant stadiste explose. Omniprésent, Armitage vient concrétiser – une fois de plus – la domination des siens après un bon travail du revenant Lobbe. Toulon passe en tête (25-19). Malgré une dernière pénalité de Beauxis et une dernière possession de balle toulousaine, c’est bien le RCT qui s’impose dans ce match entre prétendants au bouclier. Au final, chaque équipe aura eu sa mi-temps et comme face au Stade Français, en Challenge européen, le RCT a su remonter un retard de huit points à la pause pour une victoire de trois points à l’arrivée. La puissance et la détermination des toulonnais ont fait la différence au cours du second acte.
Appréciation générale :
Comme face au CO et au Stade-Français, le RCT a joué à mi-temps cette rencontre. Seulement la première période avait été réussie face aux tarnais tandis que c’est les secondes, face aux « Stades », qui ont permis aux hommes de Laporte de préserver Mayol d’une défaite. On se satisfait davantage d’une remontée que d’un rattrapage et celle de samedi est notamment porteuse d’espoir pour la suite. Certes, le Stade Toulousain évoluait sans pression mais le premier acte a démontré qu’il n’était pas venu la fleur au fusil. Il est donc légitime de féliciter les joueurs qui se sont arrachés et ont fait preuve de force mentale pour ne pas connaitre un deuxième revers à domicile cette saison. Ce n’est, par ailleurs, pas toutes les équipes qui peuvent se vanter d’avoir vaincu Toulouse avec deux essais d’écart, tout en laissant 17 points au pied. Elles ne doivent pas, non plus, être nombreuses à avoir mis au supplice le pack haut-garonnais.
Reconnaissons, tout de même, à ceux qui voient le verre à moitié vide qu’il faudra faire preuve de davantage de régularité sur l’ensemble de la partie pour prétendre s’imposer en phase finale. Le manque de constance est une habitude chez les Rouge & Noir cette saison. Wilkinson, en petite réussite ces derniers matchs, devra également ajuster la mire.
Quid maintenant de l’ultime match de cette phase de championnat, à Lyon ? Dans le but de recevoir lors du match du barrage, le calcul est très simple : le RCT n’a besoin que d’un point (soit un bonus défensif) sans se soucier des résultats de Montpellier (à Toulouse) et Castres (face à Bayonne). Le staff Rouge & Noir ne va-t-il pas, cependant, essayer de voir plus loin ? Au vu du programme de la dernière journée, Clermont (pronostic d’un bonus offensif face à Brive) devrait terminer en tête du classement devant Toulouse (pronostic d’une simple victoire face à Montpellier). En sachant que le vainqueur du barrage opposant le troisième au sixième jouera le deuxième en demi, Toulon n’a-t-il pas intérêt à finir quatrième afin d’éviter de jouer Toulouse sur ses terres (les demi-finales étant prévues dans la ville rose) ? La question se pose mais si calcul il y a il ne pourra se faire qu’en cours de partie, après s’être assuré que Montpellier ne gagnera pas en Haute-Garonne. Laporte ayant affirmé qu’il n’avait peur de personne il serait étonnant qu’il se projette au delà des « quarts » mais j’attends tout de même de voir le comportement des joueurs et du staff samedi prochain.
Personnellement, je pense que Toulouse est légèrement inférieur à Clermont mais le fait de « recevoir » en demi représente un grand avantage (repères, appui du public, arbitrage souvent plus clément en vers l’équipe à domicile) pour eux. Un RCT – ASM, revanche de la demi-finale perdue de 2009 ne serait pas, par ailleurs, pour me déplaire.
Une question reste, enfin, en suspens : le « Ercété » aura t-il l’énergie nécessaire pour bien figurer en TOP14 et lors de la finale du Challenge Européen ? Avant la réception des toulousains, la réponse tendait sérieusement vers le négatif. Ce samedi, les joueurs semblaient, néanmoins, avoir retrouvé un peu de fraicheur physique. Lors des matchs couperets, elle sera indispensable.
Les joueurs :
Mention spéciale au cinq de devant qui a broyé son vis-à-vis. La paire Hayman-Botha, à droite, n’a pas d’égal.
En troisième ligne, Armitage a été dans tous les bons coups et, à l’image de l’ensemble de l’équipe, a semblé retrouver des jambes. Fernandez-Lobbe a accompli une pleine partie et fut décisif sur le troisième essai. VNK se donne toujours à fond mais peine à avancer comme avant sur les impacts.
À la charnière, Tillous-Borde a été propre tandis que Wilko a connu un nouveau taux d’échec au pied inquiétant (50% sans compter les deux drops manqués). Il a néanmoins assez bien animé le jeu et s’est envoyé, comme d’habitude, en défense.
Au centre, Messina a prouvé qu’il valait bien mieux qu’une doublure. Giteau a montré l’étendue de sa classe sur le premier essai local. Des actions comme celles-là on en redemande.
À l’aile, Palisson a enfin inscrit un essai. Sa science du placement et son jeu au pied sont précieux. Smith a confirmé qu’il a des jambes de feu mais deux pieds gauches.
À l’arrière, Lapeyre est directement à l’origine du deuxième essai. Ce genre de chevauchée me fait d’autant plus regretter son jeu au pied parfois approximatif. Sa capacité à tenir debout doit l’inciter, à mon sens, à relancer davantage de ballons.

