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Toulon est candidat

Après trois matchs sans victoire en championnat le RCT, à la faveur d’une belle deuxième période, a renoué avec le succès (25-22), face une équipe de Toulouse compétitive, et ainsi rassuré ses supporters.

En résumé :

Remettre la marche avant, tel était l’objectif des toulonnais après avoir consommé leur petit pécule de points d’avance sur leurs poursuivants. Il s’agissait également d’effacer les inquiétudes nées des dernières prestations Rouge & Noir, jugées peu convaincantes. De leur côté, les toulousains peinent à digérer leur élimination en H-Cup. Déjà qualifiés directement pour les demi-finales, leur objectif est de préparer au mieux cette échéance. En ce sens, Novès a choisit de présenter son meilleur XV du jour. À Toulon, Fernandez-Lobbe fait son retour en tant que titulaire.

D’entrée de jeu, les toulousains mettent la main sur le ballon. Les varois sont acculés dans leur camp, plient mais ne rompent pas. Au quart d’heure de jeu, les Rouge & Noir du jour ne mènent que 6 à 3. Malmené, le RCT s’en remet à un exploit individuel de Giteau, sur une de ses rares incursions dans le camp adverse. L’australien enclenche le turbo dans les 22 mètres adverses avant de servir sur son aile Palisson, d’une magnifique passe de vingt mètres, pour l’essai. La classe ! La transformation est manquée (8-6). Cet essai encaissé n’entache pas, néanmoins, la volonté des champions de France en titre qui continuent d’enchainer les temps de jeu, s’appuyant notamment sur un Picamoles en grande forme (comme toujours face à Toulon). Fort logiquement, Clerc vient concrétiser cette domination par un essai (qui aurait dû être refusé, selon moi, l’ailier français semblant avoir perdu le contrôle du ballon juste avant d’aplatir) suite à une belle passe sautée de Beauxis. Ce dernier, toujours impeccable au pied, transforme (6-13). Les toulousains ne relâchent pas leur emprise sur la partie et ajoutent une nouvelle pénalité (6-16). Toulon tente de réagir juste avant la mi-temps mais se montre trop maladroit dans le dernier geste. À la pause, les locaux accusent donc un retard de huit points et au vu de la maitrise toulousaine on se dit que Laporte va devoir chanter une incantation devant sa webcam.

Comme face au Stade Français, la semaine dernière, les toulonnais vont pourtant mettre moins de dix minutes pour refaire leur retard. Giteau croise avec Lapeyre qui perce avant d’échouer à quelques encablures de la ligne. Les « gros » sont au relais et Lewis-Roberts se roule en boule pour franchir la ligne d’en-but (15-16). La physionomie du match a complètement changé. C’est maintenant les varois qui monopolisent le ballon (bien aidé par le pizzaiolo visiteur, Tolofua) et mettent sous pression les toulousains, notamment en fermé où le cinq de devant stadiste explose. Omniprésent, Armitage vient concrétiser – une fois de plus – la domination des siens après un bon travail du revenant Lobbe. Toulon passe en tête (25-19). Malgré une dernière pénalité de Beauxis et une dernière possession de balle toulousaine, c’est bien le RCT qui s’impose dans ce match entre prétendants au bouclier. Au final, chaque équipe aura eu sa mi-temps et comme face au Stade Français, en Challenge européen, le RCT a su remonter un retard de huit points à la pause pour une victoire de trois points à l’arrivée. La puissance et la détermination des toulonnais ont fait la différence au cours du second acte.

Appréciation générale :

Comme face au CO et au Stade-Français, le RCT a joué à mi-temps cette rencontre. Seulement la première période avait été réussie face aux tarnais tandis que c’est les secondes, face aux « Stades », qui ont permis aux hommes de Laporte de préserver Mayol d’une défaite. On se satisfait davantage d’une remontée que d’un rattrapage et celle de samedi est notamment porteuse d’espoir pour la suite. Certes, le Stade Toulousain évoluait sans pression mais le premier acte a démontré qu’il n’était pas venu la fleur au fusil. Il est donc légitime de féliciter les joueurs qui se sont arrachés et ont fait preuve de force mentale pour ne pas connaitre un deuxième revers à domicile cette saison. Ce n’est, par ailleurs, pas toutes les équipes qui peuvent se vanter d’avoir vaincu Toulouse avec deux essais d’écart, tout en laissant 17 points au pied. Elles ne doivent pas, non plus, être nombreuses à avoir mis au supplice le pack haut-garonnais.

Reconnaissons, tout de même, à ceux qui voient le verre à moitié vide qu’il faudra faire preuve de davantage de régularité sur l’ensemble de la partie pour prétendre s’imposer en phase finale. Le manque de constance est une habitude chez les Rouge & Noir cette saison. Wilkinson, en petite réussite ces derniers matchs, devra également ajuster la mire.

Quid maintenant de l’ultime match de cette phase de championnat, à Lyon ? Dans le but de recevoir lors du match du barrage, le calcul est très simple : le RCT n’a besoin que d’un point (soit un bonus défensif) sans se soucier des résultats de Montpellier (à Toulouse) et Castres (face à Bayonne). Le staff Rouge & Noir ne va-t-il pas, cependant, essayer de voir plus loin ? Au vu du programme de la dernière journée, Clermont (pronostic d’un bonus offensif face à Brive) devrait terminer en tête du classement devant Toulouse (pronostic d’une simple victoire face à Montpellier). En sachant que le vainqueur du barrage opposant le troisième au sixième jouera le deuxième en demi, Toulon n’a-t-il pas intérêt à finir quatrième afin d’éviter de jouer Toulouse sur ses terres (les demi-finales étant prévues dans la ville rose) ? La question se pose mais si calcul il y a il ne pourra se faire qu’en cours de partie, après s’être assuré que Montpellier ne gagnera pas en Haute-Garonne. Laporte ayant affirmé qu’il n’avait peur de personne il serait étonnant qu’il se projette au delà des « quarts » mais j’attends tout de même de voir le comportement des joueurs et du staff samedi prochain.

Personnellement, je pense que Toulouse est légèrement inférieur à Clermont mais le fait de « recevoir » en demi représente un grand avantage (repères, appui du public, arbitrage souvent plus clément en vers l’équipe à domicile) pour eux. Un RCT – ASM, revanche de la demi-finale perdue de 2009 ne serait pas, par ailleurs, pour me déplaire.

Une question reste, enfin, en suspens : le « Ercété » aura t-il l’énergie nécessaire pour bien figurer en TOP14 et lors de la finale du Challenge Européen ? Avant la réception des toulousains, la réponse tendait sérieusement vers le négatif. Ce samedi, les joueurs semblaient, néanmoins, avoir retrouvé un peu de fraicheur physique. Lors des matchs couperets, elle sera indispensable.

Les joueurs :

Mention spéciale au cinq de devant qui a broyé son vis-à-vis. La paire Hayman-Botha, à droite, n’a pas d’égal.

En troisième ligne, Armitage a été dans tous les bons coups et, à l’image de l’ensemble de l’équipe, a semblé retrouver des jambes. Fernandez-Lobbe a accompli une pleine partie et fut décisif sur le troisième essai. VNK se donne toujours à fond mais peine à avancer comme avant sur les impacts.

À la charnière, Tillous-Borde a été propre tandis que Wilko a connu un nouveau taux d’échec au pied inquiétant (50% sans compter les deux drops manqués). Il a néanmoins assez bien animé le jeu et s’est envoyé, comme d’habitude, en défense.

Au centre, Messina a prouvé qu’il valait bien mieux qu’une doublure. Giteau a montré l’étendue de sa classe sur le premier essai local. Des actions comme celles-là on en redemande.

À l’aile, Palisson a enfin inscrit un essai. Sa science du placement et son jeu au pied sont précieux. Smith a confirmé qu’il a des jambes de feu mais deux pieds gauches.

À l’arrière, Lapeyre est directement à l’origine du deuxième essai. Ce genre de chevauchée me fait d’autant plus regretter son jeu au pied parfois approximatif. Sa capacité à tenir debout doit l’inciter, à mon sens, à relancer davantage de ballons.

08
mai 2012
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Inquiétant RCT

Pourtant largement devant au score au bout d’une demi-heure (25-6), le RCT s’est effondré et a été accroché (25-25, au final) par des castrais valeureux et sans complexes. Inquiétant à l’abordage de la dernière ligne droite de la saison.

En résumé :

Le « Ercété », troisième, reçoit le Castres Olympique, cinquième, dans un match qui fleure bon le parfum des phases finales. Montpellier et le Racing, tous deux défaits, ce match constitue une bonne occasion pour les deux équipes de prendre une sérieuse option quant à un barrage à domicile. Pour cette rencontre capitale, Bernard Laporte rappelle son XV type à l’exception de Bastareaud, indisponible un mois, remplacé (curieusement) par Lovobalavu.

Toulon entame fort la partie, campant dans les 30 mètres castrais. Un en-avant vient stopper la progression Rouge & Noir. Sur la mêlée qui suit, le pack visiteur est sanctionné et Wilkinson en profite pour ouvrir la marque (3-0). Teulet lui répond deux minutes, plus tard (3-3). Castres reste sous pression. Armitage relève la gonfle sur une mêlée et file, sans opposition, inscrire le premier essai de la rencontre. Un essai entaché d’un léger en-avant de l’anglais, au départ de l’action. Wilko s’en moque et transforme (10-3). L’engagement des deux équipes est total, à l’image de cet énorme placage de Masoe – futur toulonnais – sur Armitage. Bienvenue Chris. Palisson n’est pas en reste et plaque vigoureusement l’ouvreur visiteur à la réception d’une chandelle. L’ancien briviste récupère l’ovale, le jeu rebondit jusqu’à Wilkinson qui, voyant la défense castraise monter en inversée, tape un astucieux petit coup de pied récupéré par Van Niekerk. Botha, puis Buno sont au relais avant que Giteau conclue l’action en revenant à l’intérieur. Wilko transforme à nouveau et Toulon prend le large (17-3). Les varois sont dominateurs en mêlée et privent le CO de lancements de jeu. Ce dernier réduit, néanmoins, le score (17-6) grâce à une faute bête (placage en l’air) de Tillous-Borde. Son adversaire direct, Kockott, va défier les « gros » mais tombe sur le plus dense d’entre-eux, Lewis-Roberts. Giteau récupère la gonfle et tape intelligemment au pied. Smith fait parler ses cannes en laissant Teulet sur le quai de la gare et aplatit acrobatiquement face au Faron. La transformation est manquée mais cela fait déjà 22-6. Les tarnais sont toujours en difficulté en fermée et l’ouvreur local ajoute trois nouveaux points (25-6) – les derniers de la partie pour les varois. Castres n’abdique pas et se révolte enfin dans les 22 adverses. Cabannes n’est pas encore tombé sur le chien et croise avec Martial qui va à dame, sous les poteaux (25-13). À la mi-temps, le RCT, très opportuniste et dominateur en mêlée, a un petit matelas d’avance mais les castrais ont fini plus forts et se sont donnés les moyens d’espérer un retour au score – avec le vent – en seconde période.

Au retour des joueurs sur le pré, il n’y a plus qu’une seule équipe sur le terrain les esprits toulonnais ayant préféré rester au vestiaire. Plus agressifs, plus entreprenants, plus disciplinés, les tarnais survolent ce deuxième acte et sèment le doute et la panique dans les rangs Rouge & Noir. Teulet et Bernard font un sans-faute et ramènent les leurs, par l’intermédiaire de quatre pénalités, à hauteur des locaux (25-25 à la 64ème). La touche locale s’enraye, ce qui constitue autant de munitions supplémentaires pour des castrais intenables. Bernard, par deux fois, sur drop, est tout près de donner l’avantage à son équipe. La balle de match est toutefois pour Wilko (79′). Malheureusement, le ballon s’envole à gauche des poteaux. Comme à l’aller (22-22), les deux équipes se séparent sur un score de parité. Nullement résignés après leur entame catastrophique le CO est revenu dans la partie au bénéfice d’une deuxième période maitrisée et incisive face à des toulonnais soudainement amorphes.

Appréciation générale :

Abasourdi. C’est l’état dans lequel j’étais après ce nouveau match nul (le cinquième de la saison mais le premier à Mayol) des Rouge & Noir. Abasourdi d’avoir vu mon équipe compter 19 points d’avance avant de se déliter complètement. Stupéfié d’avoir vu le CO faire la loi, en seconde période, à Mayol pendant que les nôtres sortaient complètement du match, jouant leur rares ballons la peur au ventre. Décontenancé par l’absence de réaction de l’équipe et notamment de ses grands noms, pas un n’ayant essayé, et encore moins réussi, à remettre le bateau à flot. Ulcéré par notre indiscipline dont se sont nourris Agen et Castres, ces deux derniers matchs.

Les deux dernières défaites, en championnat, avaient trouvé comme prétexte les rotations effectuées par Laporte. Il faudra trouver autre chose, cette fois-ci. De la fatigue physique ? Pour une équipe qui a justement pas mal tourné et connu trois semaines de repos depuis le début de l’année, c’est difficile à croire. Et si c’était vraiment le cas, on comprend alors encore moins pourquoi on n’a pas tenté d’occuper efficacement le terrain adverse plutôt que d’aller s’échouer sur la défense castraise. Un coupable relâchement après avoir compté 19 points d’avance ? Probable mais l’essai tarnais, en toute fin de première mi-temps, aurait dû tirer la sonnette d’alarme (ce qu’a d’ailleurs dû faire Laporte du haut de la tribune). Mentalement, l’équipe a, de toute évidence, faillie. Le RCT ne serait-il pas plus à l’aise dans la situation du pourchasseur, comme face au Racing, que dans celle du pourchassé ? Il est en tout cas difficile cette saison, en tant que supporter, de rester serein du début à la fin d’un match. Le stress refait toujours surface à un moment de la partie hormis, peut-être, lors de la rencontre face aux Harlequins (mais à quelle place se situerait les anglais s’ils évoluaient en TOP14 ?).

Vu la physionomie de la rencontre, difficile de retenir du positif. Mettons tout de même en évidence, outre cette parfaite première demi-heure, la mêlée Rouge & Noir, rarement prise à défaut cette saison.

Malgré cet échec, sur ses terres, le RCT a assuré sa qualification au second tour sans être certain, néanmoins, d’accueillir le débat relatif à l’un des faux quarts de finale. Il faudra, pour cela, vaincre Toulouse, à Mayol, et peut-être même aller chercher des points à Lyon, officiellement relégué en PRO D2 mais qui tiendra sûrement à quitter le TOP14 la tête haute. En cas d’égalité de points avec Montpellier (goal-average général, sans doute supérieur), Castres (différence d’essai sur les deux rencontres) et/ou le Racing (points terrain), le RCT serait prioritaire. Des trois équipes citées, j’avais dit que je préférerais recevoir les tarnais. Je n’en suis plus très sûr depuis samedi.

Les joueurs :

La première ligne constitue une des rares satisfactions de la partie. Forrestier et Ducalcon ont été à la peine face à Hayman et Lewis-Roberts (grosse perte) qui n’étaient pas, en outre, les derniers à plaquer.

La paire Botha-Samson a réalisé une bonne première mi-temps avant de baisser de régime, comme toute l’équipe, lors du second acte.

La troisième ligne a souffert de la comparaison avec celle du CO (impressionnant Masoe). Armitage, bien moins présent dans les rucks, semble marquer le pas malgré son essai (entaché d’un en-avant). Notons que comme à Brive, le week-end dernier, l’anglais et VNK furent en retard et impuissants sur l’essai de Martial.

Tillous-Borde a réalisé, à mon sens, un de ces plus mauvais match. Lent, hésitant, expédiant des passes dans les chaussettes, jouer contre ses anciens partenaires ne lui a pas réussi. Wilko a bien orchestré le jeu en première période avant de rendre trop facilement le ballon en seconde. L’anglais a, par ailleurs, laissé filer huit points en route, fait peu habituel, cette saison, à Mayol.

Au centre Giteau est l’auteur du second essai et à est l’origine du troisième, ce qui est tout de même pas mal. Il fut condamné à défendre, en seconde mi-temps. Lovobalavu, dont j’ai du mal à comprendre la titularisation en lieu et place de Messina, a confirmé qu’il ne faisait plus aucune différence ovale en main. Bastareaud, par son absence, a démontré son utilité dans un rôle de perforateur.

À l’aile, Palisson et Smith sont à créditer d’un bon match. Le premier a été l’instigateur de l’essai de Giteau et est toujours aussi mobile et bien placé ; le second a fait parler sa vitesse sur son essai et s’est montré dangereux sur chaque prise de balle.

Benjamin Lapeyre n’était pas dans son meilleur jour. Son jeu au pied a été défaillant (chandelles ratées, coup de pied direct en touche) et son manque de vigilance a failli coûter un essai en fin de première mi-temps. Ses appuis et sa capacité à tenir debout devraient l’inciter à relancer davantage de ballons ; à défaut, d’au moins trouver de bonnes touches afin de gérer notre avantage au score

Prochain RDV, vendredi soir, avec la réception du Stade-Français pour le compte des demi-finales du Challenge européen. En espérant que ce sacré Mister Hyde arrête de nous jouer des tours.

24
avr 2012
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Docteur Jekyll et Mister Hyde

Incapables de reproduire, loin de ses bases, les performances entrevues à Mayol, le RCT s’est, comme il y a deux semaines à Brive, incliné face à un prétendant au maintien. Les toulonnais repartent à vide d’Agen et sont désormais à portée de Montpellier, du Racing et de Castres dans l’optique d’un match de barrage à domicile.

En résumé :

Appel à la mobilisation générale à Armandie pour assurer le maintien des agenais. Cela n’annonce pas une partie de plaisir aux hommes de Laporte qui a décidé de faire encore légèrement tourner son effectif. Lewis-Roberts, Hayman et Smith prennent place sur le banc tandis que Bruno, Samson, Tillous-Borde, Wilkinson (légèrement touché face aux Harlequins) sont au repos. Giteau officie donc en demi d’ouverture associé à son ami et revenant Henjack. La paire Botha-Shaw est alignée en seconde latte. À noter, également, le retour de Fernandez-Lobbe dans le groupe après presque sept mois d’absence.

L’entame est toulonnaise avec une rapide occupation des 22 mètres adverses. Un maul bien structuré est à deux doigts d’aller à dame mais les locaux parviennent à mettre la main sur le ballon et se dégager. Rebelote cinq minutes plus tard avec un nouveau ballon porté qui avance sur vingt mètres. Henjack écarte sur Bastareaud qui avance et parvient à libérer la gonfle vers Lovobalavu qui n’a plus qu’à plonger dans l’en-but. Giteau transforme, sans problème (0-7). Dans la foulée, suite au renvoi mal réceptionné – presque un pléonasme pour le RCT – Agen bénéfice d’une pénalité. Barnard trouve le poteau mais les agenais récupèrent l’ovale et mettent de nouveau à la faute les Rouge & Noir. Cette fois-ci, l’ouvreur local transforme la sentence (3-7). La première mêlée du match offre une pénalité aux varois mais Giteau la manque. Agen met beaucoup de rythme et fait reculer le RCT sans parvenir néanmoins à concrétiser. À la 21′, Giraud est sanctionné d’un carton jaune pour avoir bousculé en l’air VNK. Giteau trouve la touche, à dix mètres de l’en-but, mais celle-ci est cafouillée – encore une mauvaise habitude prise par les varois. L’ouvreur australien redonne tout de même sept points d’avance aux siens (3-10), à la faveur d’une nouvelle pénalité consécutive à une mêlée. Sur le renvoi, Toulon se met de nouveau à la faute – c’est Noël – et Barnard annule la pénalité de Giteau (6-10). L’infériorité numérique des Lot-et-Garonnais ne se fait absolument pas sentir ; Toulon ne parvient pas à imposer son jeu et perd systématiquement la bataille du jeu au pied. De retour à XV, peu avant la mi-temps, les protégés d’Armandie accélèrent. Libérations de balles rapides, percussions et alternance mettent au supplice la défense toulonnaise contrainte de se mettre à la faute (9-10). À la pause, Toulon vire en tête, à la faveur de son essai, mais doit faire face à une équipe d’Agen bien plus entreprenante.

La seconde période reprend. Toulon est confiné dans son camp, faute d’un jeu au pied précis. À l’inverse, Brice Dulin, l’arrière Bleu et Blanc, occupe à merveille le terrain varois. À la sortie d’une mêlée Machenaud lance Barnard qui prend Giteau sur son intérieur avant de servir idéalement Robinson qui relaie vers Dulin pour un essai en première main. Les Lot-et-Garonnais sont logiquement récompensés de leurs efforts (16-10). Toulon réagit aussitôt par l’intermédiaire d’une belle percée de Lapeyre qui débouchera sur une pénalité en faveur des Rouge & Noir. Giteau essuie son deuxième échec de l’après-midi. Lewis-Roberts, Orioli, Hayman, Fernandez-Lobbe et Cibray font, dans la foulée, leur entrée sur la pelouse. Toulon remet la main sur le ballon et met, une nouvelle fois, à la faute les locaux. Giteau, cette fois-ci, ne tremble pas (16-13). Le match baisse peu à peu en intensité. Toulon déjoue complètement face une formation agenaise bien en place qui se nourrira, par deux fois encore, des fautes toulonnaises pour se mettre définitivement à l’abri (22-13). Les Rouge & Noir tentent, comme à Brive, un baroud d’honneur dans le but de décrocher le bonus défensif mais la pénalité ne viendra pas. Au terme d’une seconde période bien maitrisée, les agenais ont logiquement pris le meilleur sur de bien pâles toulonnais qui repartent à vide de leur déplacement.

Appréciation générale :

Comment passer d’une performance si aboutie face aux Harlequins à une prestation si terne à Agen ? C’est la question à laquelle vont probablement essayer de répondre le staff tout au long de la semaine. D’une manière générale, les prestations toulonnaises, à l’extérieur, cette saison sont bien en deçà de celles entrevues à Mayol. À croire que sans haie de supporters en folie à la sortie du bus, les toulonnais perdent une partie de leur enthousiasme. Quand je vois Clermont qui joue à l’extérieur comme au Michelin, n’hésitant jamais à imprimer des temps de jeu, je me dis qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Et les changements régulièrement opérés par Bernard Laporte n’expliquent pas tout. L’équipe alignée, hier, était compétitive et n’avait pas grand chose à envier au XV agenais. Encore aurait-il fallu avoir envie de jouer. Plus puissant devant, le RCT n’a jamais osé insister dans ce secteur à l’exception des deux mauls de début de partie. Les rares ballons joués derrière ont, quant à eux, mis en évidence une créativité proche de zéro. Pire, les Rouge & Noir ont passé le plus clair de leur temps à se débarrasser de l’ovale de façon très médiocre. Coups de pied longs imprécis et absence de pression à la retombée ont fait le bonheur de l’excellent Dulin (dont j’aurais préféré mille fois le recrutement au fantasque Delon Armitage) qui a facilement gagné la bataille du jeu au pied. Les coups de pied à suivre de Bastareaud ou de Lapeyre furent également synonymes de gachis

Beaucoup de supporters s’en prennent aux choix de Laporte. Personnellement, je pense que ce dernier, avec ses adjoints, est le mieux placé pour juger de l’état de forme de ses troupes. Je préfère, en outre, un manageur qui affiche l’ambition de jouer sur les deux tableaux plutôt qu’un entraineur qui jouerait petit bras. Arriver au meilleur de sa forme physique à l’orée des phases finales est primordial, ce qui oblige à certains roulements. Cela permet, du reste, de laisser une grande partie du groupe sous pression jusqu’à la fin de saison. Toulouse et Clermont, les références, n’hésitent pas, non plus, à faire tourner. Avec d’autres résultats, certes, mais c’est ce n’est pas tant une histoire de profondeur de banc que de mentalité. Encore une fois, sur le papier, l’équipe toulonnaise était supérieure à son homologue mais son refus de jeu et ses lacunes tactiques ne pouvaient pas la conduire à la victoire. J’ajoute que la suspension de vestiaires de Laporte est un lourd handicap pour le RCT. Sa capacité à remobiliser les joueurs est reconnue et Mignoni et Azam n’ont clairement pas son charisme. Cela n’excuse pas, toutefois, la prestation d’ensemble.

Relativisons, enfin, un peu cette amère défaite. D’abord, notons que Castres et Montpellier avaient également mordu la poussière à Armandie et que Toulouse ne s’y était que – cruellement – imposé à la dernière seconde. C’est, néanmoins, davantage la manière que le résultat qui dérange. Constatons ensuite que malgré cet échec, Toulon conserve sa troisième place. L’écart n’est toutefois plus que d’un point sur Montpellier, quatrième, et quatre sur Castres et le Racing, respectivement cinquième et sixième. Mayol va accueillir les deux prochaines journées de championnat, à commencer par la venue des castrais, concurrents directs à un barrage à domicile. En négociant bien ces deux matchs à la maison avant de terminer la phase régulière à Lyon déjà condamné à la PRO D2 (où l’on ose espérer une victoire, en cas de besoin…), Toulon assurera un quart à domicile et il sera alors temps d’oublier les déconvenues qui naissent de prestations telles que celle d’hier après-midi. Commencera alors une autre compétition, celle des matchs éliminatoires, dans laquelle on espérer revoir le visage de Docteur Jekyll, vainqueur des Harlequins, du Racing ou même de Montpellier plutôt que de celui de Mister Hyde, piteusement défait à Biarritz, Brive et à Agen.

Les joueurs :

La première ligne n’est pas la plus à blâmer. En fermée, Frou a tenu le coup tandis que Kubri a pris le meilleur sur son opposant. Ivaldi a été performant sur ses lancers, à l’exception d’un gros raté sur une touche importante à 10 mètres de l’en-but Lot-et-Garonnais.

En seconde latte, la paire internationale Botha-Shaw a fait état de sa puissance, notamment dans les deux mauls de début de partie. Il est fort dommage de ne pas avoir insisté sur leurs qualités, au près, pour mettre à défaut la défense agenaise.

En troisième ligne, Armitage et Gunther ont semblé subir le contrecoup de leur excellente prestation du week-end dernier. L’anglais et le jeune français ont été moins fringants et nettement moins en vus dans les rucks. VNK a, quant à lui, été très présent en défense jusqu’à sa sortie. Il fut remplacé par Fernandez-Lobbe qui faisait son retour à la compétition. L’argentin, compte tenu de sa longue absence, a fait une bonne rentrée : bien placé, serein sur les ballons hauts, il n’a pas hésité à aller se tester en chargeant la défense adverse.

Henjack a joué au niveau qui est le sien. L’absence de Tillous-Borde s’est faite sentir dès la deuxième minute sur une passe très mal ajustée de l’australien alors que le maul toulonnais avait échoué à cinq mètres de la ligne. Suppléé par Cibray qui n’a pas été meilleur et s’est rapidement blessé, ce qui a permis de constater que Smith n’aurait pas fait carrière à la mêlée. Giteau n’a pas vraiment relevé le niveau de la charnière. Son jeu au pied fut imprécis et sa défense n’est pas exempte de tout reproche (il a d’ailleurs été souvent visé), comme sur l’essai des locaux. A tenté quelques coups à la main mais n’a pas trouvé soutien à hauteur. J’avais affirmé ma volonté, il y a quelques semaines, de voir l’australien repositionné en 10. Je dois reconnaitre aujourd’hui – parce qu’il n’y a que les abrutis qui ne changent pas d’avis – que Wilkinson par sa défense et son jeu au pied est sans doute celui qui offre le plus d’assurance à ce poste. Il est, par ailleurs, difficile de se passer de son pragmatisme quand l’ouvreur australien tente, lui, des coups hasardeux en solo.

Au centre, Bastareaud a fait parler sa puissance sur deux-trois coups (l’essai, notamment) mais s’est également par deux-trois fois débarrassé du ballon au pied. Lovobalavu, hormis son essai, a été peu en vu en attaque à l’image de l’ensemble des lignes arrières. Sa titularisation en lieu et place de Messina me pose, par ailleurs, une interrogation.

Lapeyre a confirmé qu’il était davantage à l’aise à l’arrière qu’à l’aile. À signaler, tout de même, une belle percée de sa part. Palisson a été encore sevré de ballons.

À l’arrière, Rooney a passé le plus clair de son temps à rendre des ballons faciles à l’adversaire et a été mis en difficulté sur les chandelles adverses. Prestation médiocre de l’australien.

15
avr 2012
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L’indémodable coup de pied dans la boîte

À force de voir les demis de mêlée, Sébastien Tillous-Borde en tête, user (et parfois abuser) des coups de pied dans la boîte (comprendre coup de pied derrière la mêlée ouverte), il m’est venu l’envie d’écrire un article à ce sujet. Le geste n’est bien sûr pas nouveau. Qui ne se souvient pas de celui de Galthié, en demi-finale de la coupe du monde 1999, permettant à Dominici, suite à un rebond (très) favorable, d’aller à dame et faisant alors passer les bleus devant au score pour le résultat final que l’on connait ? Côté Rouge & Noir, Aubin Hueber et Pierre Mignoni n’étaient en reste dans ce registre. La répétition de ce genre de gestes engendre souvent quelques marques de mécontentement dans les travées de Mayol. « Mais pourquoi rend-il encore le ballon » entend-on régulièrement. C’est un peu la question à laquelle je vais modestement essayer de répondre.

Tout d’abord, distinguons le coup de pied destiné à trouver la touche ou un espace libre du coup de pied haut et long qui est directement réceptionné, avant rebond, par l’adversaire – c’est celui dont use souvent Tillous-Borde. Dans les deux cas, le plus souvent, l’objectif est, outre de dégager son camp, de mettre la pression sur l’adversaire dans sa propre moitié de terrain. L’intérêt que cela soit le demi de mêlée qui prenne en charge ce coup de pied réside dans le fait qu’il permet de mettre immédiatement tous les arrières en jeu et, quasiment dans la foulée, les avants qu’il aura vite fait de dépasser. Ainsi, le risque du hors-jeu n’existe pas. Par ailleurs, cela permet de protéger le demi d’ouverture d’une exposition au contre ou à un placage musclé. Notons tout de même qu’il convient que le demi de mêlée soit bien abrité par un avant et soit rapide dans l’exécution afin d’éviter lui-même le contre d’un adversaire vif et à la limite du hors-jeu. Vendredi dernier, Tillous-Borde s’est ainsi fait contré dans ses propres 22 par un joueur des Quins, ce qui aurait pu aboutir à un essai si Smith n’avait pas veillé au grain.

Passons sur le coup de pied pointant la touche, davantage réservé, à mon sens, à l’ouvreur (vision du terrain plus large, meilleur jeu au pied, plus de temps) qu’au demi de mêlée et concentrons-nous sur le coup de pied haut et long, généralement facilement récupérable par l’adversaire. À première vue, nous pouvons penser que c’est une hérésie d’envoyer le ballon dans les bras de l’adversaire alors que le but est de le porter derrière la ligne d’en-but adverse. Ce type de coup de pied vise, en réalité, à s’approcher de cette frontière, en pariant sur le fait que l’ovale sera récupérée parce que l’adversaire aura mal géré le pressing consécutif à notre avancée. Bien entendu, il arrive fréquemment que le receveur réponde par un autre coup de pied ou une chandelle (qui a le même objectif – en passant – que le coup de pied haut et long par dessus le ruck à la différence que le botteur peut espérer être à la réception et que les partenaires situés devant ce dernier doivent se replacer) et on entre alors souvent dans une stratégie de gagne-terrain jusqu’à qu’une des deux équipes sorte le ballon de l’aire de jeu ou se décide à jouer à la main. Faire jouer l’adversaire à la main, c’est justement ce que l’on tente de provoquer en expédiant ce long coup de pied de derrière son pack. Non pas, forcément, parce que l’on ne craint pas son opposant mais car, d’une part, il est toujours préférable, pour des raisons évidentes, d’évoluer dans la moitié de terrain adverse et, d’autre part, parce que nous savons qu’un ballon de récupération (les meilleurs à jouer), une faute offensive ou un en-avant pourraient résulter d’une défense accrocheuse et contestatrice dans les rucks.

Évidemment, cette stratégie suppose de monter très vite derrière le coup de pied, en ligne (ou légèrement en escalier), pour rapidement gêner la progression du porteur du ballon et l’empêcher de répondre par le pied ou une avancée conséquente à la main. En outre, il est primordial dans le cas où l’équipe adverse tente une relance à la main de ne surtout pas manquer le premier placage et de combler les espaces. Cela reste une option tactique à double tranchant.

Naturellement, nous préférons tous les combats d’avants ou les envolées de gazelles à cette option minimaliste qui est celle de taper au pied. Reste que dans un sport où les défenses sont de mieux en mieux organisées et les attaques de plus en plus souvent pénalisées, c’est une « arme » que peu d’entraineurs négligent. Le renforcement de ce choix tactique n’offre pas la part belle au spectacle et agace souvent les supporters (moi, y compris) mais contribue parfois à la victoire.

13
avr 2012
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À sens unique

Largement vainqueur des Harlequins (37-8), à l’issue d’une partie bien maitrisée, le RCT s’est qualifié pour les demi-finales de la Challenge Cup lors desquels il retrouvera le Stade-Français.

En résumé :

Un quart de finale à Mayol, même de Challenge Cup, cela ne se galvaude pas. Bernard Laporte avait donc, pour l’occasion, convié les joueurs les plus compétitifs du moment, excepté Botha non qualifié pour cette compétition. Les Quins, leaders du championnat d’Angleterre avaient, quant à eux, légèrement fait tourner leur effectif sans pour autant renier à poursuivre leur parcours dans cette compétition.

Nullement impressionnés, les toulonnais mettaient, dès le début du match, une grosse pression sur leurs hôtes du jour. Les anglais, bousculés dans leur 22, parvenaient néanmoins à se dégager. Privés de ballons, ils se mettaient, quelques minutes plus tard, à la faute et permettaient à Wilkinson d’ouvrir le score (3-0). L’anglais doublait très vite la marque avant que Clegg, l’ouvreur des Quins, réduise l’écart (6-3). Peu inspirés ballon en mains, chahutés dans les rucks et dominés à l’impact, les anglais multipliaient les fautes et Toulon prenait petit à petit le large (15-3 à la demi-heure de jeu). Le RCT ne s’arrêtait pas en si bon chemin et enfonçait le clou peu avant la mi-temps. De nouveau infiltrés dans les 22 adverses, les locaux insistaient au près avant que Tillous-Borde, neuvième avant, parachève le travail d’un plongeon sous les poteaux. Avec la transformation, le score passait à 22-3. Jamais prise à défaut en défense et percutante gonfle en main l’équipe toulonnaise avait logiquement pris le pas sur des anglais empruntés.

Les visiteurs revenaient sur le terrain avec l’intention de rapidement alléger leur retard. Sur un de leur rare temps fort, ils parvenaient à rejoindre l’en-but. Malheureusement pour eux, un en-avant – visible à la vidéo – entrainait le refus de l’essai. Le « Ercété » se dégageait. L’orage était passé et les toulonnais reprenaient leur ordre de marche en mettant sous l’éteignoir leur adversaire, à tel point qu’un des piliers anglais écopait d’un carton jaune. Quasiment dans la foulée, Giteau – qui avait suppléé un peu plus tôt Wilko blessé – alourdissait le score (25-3). Cinq minutes plus tard, la messe était dite : de nouveau présent dans les 22 adverses, les varois multipliaient les charges ; Giteau changeait ingénieusement l’orientation du jeu vers Gunther qui fixait deux défenseurs avant de servir Lapeyre venu à hauteur (32-3 après transformation). Les anglais tentaient bien de réagir mais une somme de maladresse démontrait que ce n’était pas leur soir. Pis, à dix minutes du terme, Armitage venait inscrire un nouvel essai à la suite d’un maul pénétrant (37-3). Les valises anglaises commençaient à peser lourd et ce n’est pas l’essai tardif – et pour l’honneur – de Dany Care, en toute fin de rencontre, qui changea la donne. Toulon s’imposait 37-8 avec la manière et offrait par la même occasion à leurs supporters une nouvelle affiche à venir, à Mayol, en demi face au Stade-Français.

Appréciation générale :

Cela devait être un match serré, âpre, disputé jusqu’à la fin. Mayol, souverain depuis sa désillusion face à Clermont (0-17) lors de la deuxième journée de TOP14, était en danger. Il n’en fut rien. Pour une fois, le public toulonnais n’a pas eu le temps de trembler, de douter, de s’inquiéter. Le RCT a survolé les débats pour s’offrir une victoire de prestige face au – sans doute – futur champion d’Angleterre. Peut-être ce dernier était-il fatigué du combat livré six jours auparavant face au Saracens (pendant que Laporte faisait tourner son effectif à Brive), concurrent direct au titre national. Sans doute a t-il aussi souffert des absences de Chris Robshaw, son capitaine, et de Danny Care (seulement sur le banc). Cela n’explique, cependant, pas entièrement cette déroute et sans être trop chauvin nous pouvons accorder un réel mérite à la performance des Rouges et Noir. Pris à la gorge, les anglais n’ont pas (ou très peu) existé dans cette partie. Sans cesse bousculés dans les rucks, battus, en majorité, sur les duels, ils n’ont même pas pu développé, comme à l’accoutumée, leurs offensives butant sur une défense parfaitement organisée.

Alors peut-on parler de « match référence » pour le RCT ? En avril, cela fait un peu tard mais, oui, c’est sans doute une des performances les plus accomplies de la saison. Peu de déchet, des duels remportés, une conquête solide, une défense hermétique et disciplinée, beaucoup de maitrise, les motifs de satisfaction de manquent pas. Réjouissons-nous mais restons également lucides et prudents. D’abord, comme énoncé plus haut, le RCT a battu une équipe sans doute un peu à court physiquement. Ensuite, tout n’a pas été non plus parfait : des temps forts dans les 22 adverse n’ont pas été convertis de succès, pas mal de turnovers ont été concédés, quelques en-avant sont également à dénombrer. Enfin, pour moi, l’étalon-or, comprendre la valeur de référence, reste l’opposition face à de grosses cylindrées du TOP14 type Toulouse et Clermont. Le jour où Toulon infligera un 37-8 à une de ces deux équipes, nous pourrons dire que nous sommes entrés dans une nouvelle dimension. Je fais la fine bouche, bien évidemment, mais je doute fort que le staff varois soit moins perfectionniste que moi.

Notons que les quatre dernières équipes encore en lice dans cette compétition sont françaises (Toulon, SF, BO, Brive). Autant dire que les Rouge et Noir ont les cartes en mains pour remporter ce trophée. Quelques aigris nous répondront qu’il ne s’agit que de la Challenge Cup, sorte de sous coupe d’europe. Un trophée, vingt ans après le dernier remporté (1992), ne ferait pourtant pas de mal et ajouterait une nouvelle ligne à notre relatif maigre palmarès. Ce qui est pris n’est plus à prendre.

Les joueurs :

La première ligne a été impeccable du début à la fin. Hayman a bien mérité son article dans le Midol, il fait une grosse saison.

En seconde ligne, le duo Samson-Schofield a largement contribué à semer la zizanie dans les rucks, tout en étant très présent en touche (notamment le premier cité).

En troisième ligne, Armitage a encore une fois éclaboussé la partie de son talent. Honnêtement, j’ai rarement vu un joueur aussi complet : gratteur hors pair, puissant, rapide, insaisissable, toujours là où l’action se passe. Lui manque peut-être juste un peu plus de vista. Il a, en tout cas, définitivement fait oublier Georges Smith. À ses côtés, le jeune Pierrick Gunther a également rendu une superbe copie. « Terminator », comme je m’amuse à le surnommer, a fait mal aux anglais par ses charges ou ses placages et a été souvent un des premiers arrivés sur les zones de regroupement. En outre, il délivre un caviar à Lapeyre, pour le deuxième essai toulonnais, après avoir intelligemment aimanté deux défenseurs. Du tout bon. Van Niekerk continue, quant à lui, à monter doucement mais surement en régime. Moins en vu que ses deux partenaires, le sud-africain a néanmoins livré une solide prestation. Avec le retour de Fernandez-Lobbe, un véritable casse-tête va se poser au staff.

À la charnière, Tillous-Borde a inscrit son troisième essai sur les quatre derniers matchs. Je n’arrive pas à le trouver génialissime et trouve à redire sur sa qualité de passe mais il faut reconnaitre qu’il fait ses matchs et dirige fort bien son paquet d’avants. Wilkinson a fait un 100% au pied avant de sortir blessé, en début de deuxième mi-temps, et être suppléé par Giteau, lequel n’a pas tardé à nous démontrer sa vista, à l’image de ce renversement sur Gunther sur le deuxième essai varois.

Au centre, Bastareaud a rendu une bonne copie. Tranchant en attaque, présent en défense, l’ancien parisien semble se bonifier de sortie en sortie même si l’on attend encore plus de lui. À ses côtés, Giteau continue de jouer juste même si nous sommes toujours orphelin d’un gros exploit personnel de sa part. Ce n’est visiblement pas ce qui semble obnubiler le garçon, ce qui prouve qu’il a la tête bien faite.

À l’aile, Palisson fut très propre. Bon au pied, toujours bien placé, inspiré comme sur cette tentative de grand pont « Pali » mériterait de toucher davantage de ballons. Smith semble, lui, s’être vu confié le rôle de dynamiteur au ras des regroupements vu sa propension à se rendre disponible près de ces derniers. Une fonction qu’il n’a pas trop mal assumé.

Enfin, à l’arrière, Lapeyre, pour sa rentrée, s’est offert un essai en se portant intelligemment à hauteur de Gunther, sans avoir grand chose d’autre à se mettre sous la dent.

 

Retour au TOP14 (J.23), ce samedi, à Agen. Une victoire permettrait de préparer sereinement l’importante réception de Castres le week-end d’après. Par ailleurs, après une telle performance, nous sommes forcément dans l’attente d’une confirmation.

11
avr 2012
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Mauvaise blague

Largement remanié, après sa victoire face au Racing, le RCT s’est incliné, hier après-midi, en Corrèze face à des brivistes opiniâtres mais sans génie. Après huit matchs sans défaite, c’est un coup d’arrêt pour les hommes de Bernard Laporte.

En résumé :

Engagés dans une lutte contre le maintien, la victoire était impérative pour les corréziens. De leur côté, les Rouge & Noir se déplaçaient avec un XV largement renouvelé : Armitage et VNK avaient été laissés à la maison tandis que Hayman, Bruno, Lewis-Roberts, Tillous-Borde, Giteau et Palisson avaient pris place sur le banc. Rien que cela.

Disons le tout de suite : le match fut très terne entre deux équipes au fond de jeu médiocre. Le début du match est équilibré, le jeu se cantonnant principalement entre les deux lignes de 22. Après un quart d’heure de jeu, le score est toujours vierge ; tout juste à se mettre sous la dent deux drops (manqués) de Bélie et Wilkinson. À la 20′, suite à une succession de turnovers, Cibray, sans doute dans le but de débrider ce match, a la bonne idée d’expédier de ses 22 l’ovale directement dans les mains de l’arrière adverse lequel, en remontant le terrain en travers, trouve du soutien à l’extérieur pour un essai, au final, de Claassen (5-0). Dix minutes plus tard, l’envie briviste permet à ses derniers de prendre huit longueurs d’avance (8-0). Le « Ercété » tente, enfin, de réagir mais Senatore, maladroit, commet un en-avant à quelques encablures de la ligne d’en-but adverse. Dans la foulée, Wilkinson manque une pénalité. Juste avant la pause, l’anglais rectifie le tir et permet aux siens de revenir à un essai des corréziens (8-3). Toulon, peu (pas) inspiré et imprécis, est logiquement dépassé par la fougue locale.

Les toulonnais reviennent sur le terrain avec de – relatives – meilleures intentions sans toutefois arriver à concrétiser leur domination. À la 50′, Rooney transperce la défense adverse et échoue à quelques mètres de l’en-but. Cibray écarte vers Wilkinson qui trouve Lovobalavu… en touche. Wilko ajoute, tout de même, trois points supplémentaires (8-6), quelques minutes plus tard, alors que les brivistes semblent accuser physiquement le coup. Le banc toulonnais fait petit à petit son entrée et on se dit alors que les vingt dernières minutes seront à l’avantage des varois. La première ligne titulaire des Rouge & Noir se fait pourtant surprendre, sur sa première mêlée, ce qui permet aux corréziens de reprendre un peu d’air (11-6). S’en suit une bouillie de rugby (un peu le résumé du match en fait…) durant laquelle les visiteurs se font piquer deux fois le ballon et se remettent sous pression. Une nouvelle pénalité de Bélie, à sept minutes du terme, assure quasiment la victoire aux locaux (14-6). Toulon, sorti du bonus défensif, est contraint de réagir mais continue d’être particulièrement maladroit. Finalement, sur une dernière offensive, les Rouge & Noir obtiennent une pénalité convertie par Wilkinson (14-9). Le RCT ne ramène qu’un point d’un déplacement pourtant peu périlleux et grille un joker dans l’optique de « quarts » à la maison.

Appréciation générale :

Nous le savons, Bernard Laporte tente un pari : celui de parvenir en phase finale avec un maximum de fraicheur. Il mise avant tout sur des victoires, à Mayol, face à Castres et Toulouse et s’est donc permis de faire tourner son effectif à Brives (et peut-être même à Agen). Si notre match de barrage se déroule à Mayol et que l’on parvient à se qualifier en demi-finale, nous pourrons dire que le pari a été réussi. Dans le cas contraire, Laporte serait forcément sujet à des critiques. Sans doute comptait-il, hier après-midi, sur le banc pour faire la différence en fin de match. C’est aussi, je l’avoue, ce à quoi je m’attendais devant ma télévision. C’était négliger le fait que rentrer dans une partie n’équivaut, en rien, à le commencer. Difficile de se fondre immédiatement dans le collectif en place et d’être dans le rythme. Sauf, peut-être, pour Giteau.

Malgré cette revue d’effectif, cette équipe briviste, loin d’être géniale, était toutefois largement à la portée des nôtres. Il est rageant de noter que la différence de points finale vient de cet essai cadeau offert aux locaux. Il est plus inquiétant de constater que privé de certains de ses cadres, le RCT est incapable de mettre en danger l’adversaire. Les occasions d’essai (deux, à tout casser), furent bien trop rares pour prétendre à la victoire. Maladroite (que d’en-avant !), imprécise, très approximative dans tout ce qu’elle a tenté, le plus souvent arrêtée et sans profondeur, l’équipe a bafouillé son rugby pendant quatre-vingt minutes. À cela s’est ajouté un important déficit en touche, une mêlée sur le recul et un soutien souvent tardif qui a fait le bonheur de la troisième ligne briviste (Claassen notamment). Défaite logique.

Les joueurs :

La première ligne fut en difficulté. Difficile de blâmer Romain Frou, limité et dépourvu de temps de jeu. Plus inquiétante, la performance de Kubri, en fermée, bien loin de celles que l’on a connu lorsqu’il reléguait Hayman sur le banc. Orioli a déçu tant dans le jeu courant que sur ses lancers. Les rentrées de Lewis-Roberts, Bruno et Hayman n’ont pas particulièrement changé la donne.

En seconde ligne, Botha a encore livré une excellente prestation. Remueur de chairs et discipliné, il remplit parfaitement ses obligations. À ses côtés Schofield a été correct, sans plus.

La troisième ligne a souffert de l’absence de l’extraterrestre Armitage. Suta, de retour de longue blessure, manque logiquement de rythme. El Abd, dans son registre habituel, a livré une honnête prestation. Cela reste un joueur sur qui, pour moi, on peut toujours compter. Senatore a confirmé, pour son dernier match en Rouge & Noir, son manque de puissance. Le poste de 8 n’est pas vraiment fait pour lui.

À la charnière, Cibray a rendu une pâle copie. Lent, hésitant, passes estampillées « tiens, demerde-toi », coupable d’une très mauvaise relance au pied sur le seul essai de la partie, le futur lyonnais n’est manifestement plus du tout dans le coup. Il semble difficile de compter sur lui pour les phases finales. Wilkinson n’a pas, non plus, joué une bonne partition. Pas dans un bon jour – mais peut-être pas aidé aussi par une ligne de trois-quart mal située – l’anglais a été très approximatif et peu inspiré ballon en main. Je le soupçonne toujours, depuis le match de Giteau, en 10, à Perpignan, de vouloir trop en faire et de sortir de son registre habituel.

Au centre, Messina a sauvé efficacement par deux fois, en première période, la patrie. Bien meilleur que son acolyte du jour, Lovobalavu, qui a su se mettre en évidence par ses en-avants et son mauvais positionnement (en touche) sur la principale occasion d’essai varoise.

À l’aile, Loamanu n’a pratiquement pas eu de ballon à mettre sous son bras. Difficile de le juger même s’il semblait assez peu concerné par l’évènement. Smith a, quant à lui, alterné entre ailier, demi de mêlée et centre. Il semble avoir retrouvé de bonnes dispositions physiques mais reste, à mon sens, limité par son manque d’analyse de jeu (penser à mettre le ballon du bon côté, par exemple).

À l’arrière, Rooney n’est pas à incriminer. Sûr sous les ballons hauts et à l’initiative d’une belle relance dont aurait dû découler un essai. Match propre de l’australien.

Le week-end prochain (vendredi soir, plus exactement), les toulonnais recevront les Harlequins pour le compte des quarts de finale de Challenge Cup. Une toute autre affaire. L’occasion de tester l’équipe dans un match à élimination directe. Avec quel XV de départ ?

01
avr 2012
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Toulon renverse la vapeur

Malmenés et rapidement distancés par les franciliens en première période, le RCT a su renverser la tendance, à la faveur d’une deuxième mi-temps bien maitrisée durant laquelle les visiteurs n’ont inscrit aucun point.

En résumé :

C’était un match à huit points, ce samedi, à Mayol. Le Racing venait défier le RCT, sur ses terres, dans l’optique de consolider sa place dans le TOP 6, condition sine qua non d’une participation à la prochaine H-CUP. Les toulonnais, qui n’ont plus de raisons de rêver aux deux premières places (directement qualificatives pour les demis-finales), entendaient, quant à eux, préserver leur chance de finir troisième ou quatrième afin d’évoluer à domicile en match de barrage. Wilkinson, Boha, VNK et Smith étaient de retour sur le pré.

La première mi-temps, très rythmée, fut donc à l’avantage des visiteurs. Malgré une ouverture du score rapide de Wilkinson, les varois, battus dans la tactique du gagne-terrain adoptée par les deux formations, encaissèrent très rapidement deux essais (transformés). Deux essais en première main face à une défense pourtant rarement prise à défaut cette saison. D’abord transpercés sur le grand côté par le trio Hernandez-Steyn-Chavancy, les toulonnais furent également surpris sur le petit, deux passes, seulement, suffisant au Racing et au rapide Bobo pour rejoindre l’en-but local. Menés de huit points (6-14), les toulonnais ne se sont pourtant pas affolés. À la demi-heure de jeu, ils reprenaient même l’avantage à la faveur d’un bel essai : Palisson transperçait le premier rideau ciel et blanc avant de trouver Giteau à son intérieur lequel servait sur un pas (et un plateau) Rooney qui n’avait plus qu’à galoper jusqu’au pied des poteaux adverses. S’en suivait un chassé-croisé portant le score à 19-20, à la pause, en faveur des Racingmen. Toulon, cueilli à froid, a su se reprendre et profiter de l’indiscipline adverse pour coller aux basques de ses « invités » malgré un essai de retard.

La deuxième période repartait, comme la première, les deux équipes cherchant davantage à occuper le terrain qu’à proposer du jeu. Peu à peu, le « Ercété » imposait néanmoins sa puissance symbolisée à merveille par un excellent Botha. Dominés, les franciliens allaient logiquement finir par craquer, à l’heure de jeu. Après plusieurs charges des avants aux abords de l’en-but adverse, Tillous-Borde feintait la passe et plongeait en terre promise. Wilkinson transformait et le RCT respirait, fort de douze points d’avance (32-20). Les vingt dernières minutes, malgré une timide réaction des ciel et blanc, ne vinrent pas perturber cet écart. Le Racing, en dépit d’un début de match plein d’opportunisme, repartait sans aucun point de Mayol.

Appréciation générale :

Voilà une partie qui, comme il est de coutume avec le « Ercété », nous a fait passer par divers états. D’abord l’inquiétude avec ces deux essais rapidement encaissés et surtout assez facilement inscrits par les visiteurs. Véritables points faibles bien identifiés par le staff des ciel et blanc ou relâchement coupable des Rouge & Noir ? Pas de quoi nous rassurer à l’approche des phases finales, en tout cas. Gageons que ces errements défensifs ne se répéteront pas. Après tout, ces vingt-six matchs de phase de championnat doivent aussi permettre de gommer le maximum d’erreurs en vu des rencontres à élimination directe.

Inquiet, donc, dans un premier temps mais heureux au final. Heureux d’avoir vu le groupe faire preuve d’une belle maitrise pour recoller, puis distancer son adversaire. Sans s’affoler, en portant davantage le ballon qu’en début de partie (durant lequel nous avons usé et abusé du jeu au pied), en insistant, le plus souvent, devant comme face à Montpellier, le RCT a pris petit à petit la mesure de Racingmen qui ne s’attendait peut-être pas à une réponse aussi fringante. Toulon s’affirme petit à petit dans le jeu et tend à marquer physiquement et mentalement ses adversaires, au delà de l’heure de jeu. Manque encore, néanmoins, de la régularité sur l’ensemble d’une partie. Autre bémol, notre insuffisance sur les ballons hauts. Il est clair que sur ce point précis notre maitrise est loin d’être parfaite, les chandelles adverses nous mettant trop souvent en difficulté. Espérons que le retour de Fernandez-Lobbe solve, en partie, ce problème.

Les joueurs :

La première ligne est à créditer d’un bon match. Hayman a, une nouvelle fois, tenu son rang durant 80 minutes. Pas banal, de nos jours, pour un pilier. Lewis-Roberts a été propre durant soixante minutes avant de laisser sa place à Emmanuelli, toujours à la peine en fermée. Bruno, toujours disponible et présent dans le jeu courant, a néanmoins coûté cher à l’équipe puisque le premier essai francilien découle, en grande partie, d’une touche complètement cafouillée. Attention à certains lancers qui ont tendance à être trop longs (failli coûter un autre essai – refusé – en fin de partie).

En seconde latte, Botha a livré une prestation de haut vol, remuant tout ce qui se trouvait sur son chemin. Le Springbok n’est, du reste, pas maladroit ovale en main. À ses côtés, Samson n’a pas démérité, précieux notamment en touche (y compris sur celles adverses).

En troisième ligne, Armitage est toujours aussi intenable et semble n’avoir aucune limite. Gunther, préféré à Missoup (logique vu les dernières prestations de ce dernier), a montré qu’il était bien un prétendant à une place de titulaire. VNK manque encore un peu d’impact physique mais retrouve petit à petit ses moyens.

À la charnière, Tillous-Borde continue à alterner le bon (présent au cul des gros, bon éjecteur, encore un essai) et le moins bon (abus de jeu au pied par dessus, choix discutables). Wilkinson, auteur de 22 points a fait un retour prolifique. On l’a vu, dans un premier temps, forcer sa nature en tentant de casser la ligne adverse (complexe giteaunien ?) avant de revenir à un rôle de distributeur qu’il a plutôt bien assumé.

Au centre, Bastareaud obtient la mention bien. Il a pour une fois réussi, à quelques reprises, à faire jouer derrière lui après avoir aimanté plusieurs défenseurs. Solide à l’impact mais manque de vitesse de course, ce qui est embêtant pour un arrière. Présent au milieu des « gros » sur le second essai Rouge & Noir. À ses côtés, Giteau est toujours impeccable. Sa vision du jeu, bien supérieure à la moyenne, lui a permis de donner une offrande à Rooney sur le premier essai varois. Très surveillé par les défenses adverses, il serait peut-être intéressant de parfois s’en servir comme leurre.

Les ailiers ont également offert une bonne prestation d’ensemble. Smith a semblé retrouver ses cannes même si j’aimerais, un jour, assister à un cadrage-débordement de sa part. Palisson s’est rendu constamment disponible et est à l’origine du premier essai, par l’intermédiaire d’une belle percée. Son jeu au pied fut, par ailleurs, très performant, de même que sa couverture de terrain.

À l’arrière, Rooney s’est montré bien plus rassurant que lors de sa dernière sortie en terre catalane. À l’initiative et à la conclusion du premier essai.

Prochain rendez-vous, à Brives, samedi prochain. :)

26
mar 2012
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Deux points de perdus

Le RCT se déplace à Aimé-Giral avec la ferme intention de solidifier sa troisième place convoitée par Montpellier, le Racing et Castres. En Face, l’USAP joue sa survie dans ce TOP14 et doit impérativement faire le plein de points à domicile. Kubri, Botha, VNK, Smith et Lapeyre manquent à l’appel côté toulonnais ce qui permet les retours de Schofield, Lovobalavu Loamanu et Rooney.

Le début de partie est illustré par une succession de coups de pied. Suite à une chandelle mal réceptionnée (pas la seule dans cette partie), le pack toulonnais est à la faute et Porical ouvre le score (3-0). Dans la foulée, sur le renvoi, l’USAP est sanctionné et Giteau égalise (3-3) avant de doubler la mise quelques minutes plus tard suite à une nouvelle faute des locaux (6-3). Les catalans dominent territorialement les débats. Porical, après avoir raté l’immanquable quelques minutes plus tôt, égalise (6-6) tandis que les Rouge & Noir se retrouve à XIV suite à un acte d’antijeu de Tillous-Borde à quelques mètres de la ligne (le prix à payer pour ne pas concéder un essai certain). Les toulonnais font le dos rond et, malgré cette infériorité numérique, reprennent l’avantage par l’intermédiaire d’une nouvelle pénalité de Giteau (6-9). Il faut attendre la 37′ pour voir enfin un premier mouvement d’envergure des toulonnais : suite à une mêlée bien négociée, l’ovale gicle sur l’extérieur mais Rooney oublie Loamanu, à sa droite, et vient échouer, en touche, aux portes de l’en-but catalan. Rageant. Les perpignanais restent, néanmoins, sous pression dans leur camp. Juste avant la pause, Tillous-Borde, de retour, inscrit un essai de filou en s’échappant sur le côté fermé d’un maul toulonnais. Giteau, artificier, transforme (6-16). Dominés territorialement, les Rouge & Noir virent en tête à la pause face à des catalans peu inspirés. Le spectacle est de piètre qualité.

Le second acte est conforme au premier, approximations, manque d’inspiration et fautes sont au rendez-vous. À vingt minutes de la fin l’écart n’est que de +7 en faveur des visiteurs Porical ayant inscrit deux pénalités contre une côté varois (12-19). Plus entreprenants, les perpignanais vont logiquement revenir à hauteur sur un essai-casquette. Hume monte une belle chandelle dans le ciel, Armitage se troue à la réception et Coetzee, qui a bien suivi, va finalement marquer sans opposition. Essai à zéro passe qui aurait pu être évité, outre la faute d’Armitage, par une couverture efficace de RooneyPorical transforme face au poteaux (19-19). Les toulonnais investissent enfin le camp catalan. À la 75′, Giteau attaque la ligne et passe les bras pour Loamanu qui mange un deux contre un d’école… C’était sans doute son dernier match de la saison. M. Péchambert revient, toutefois, à une faute catalane que Giteau convertit, une nouvelle fois, en points (19-22). Incapable de gérer ce mince avantage, les toulonnais se verront sanctionner d’une nouvelle pénalité à une minute de la fin, suite à un bête geste de nervosité de Samson sur un Mélé qui joue bien le coup. Ce dernier se charge de transformer la sentence (22-22). Le score en reste là. C’est le quatrième match nul à l’extérieur des Rouge & Noir cette saison.

Alors, que pensez de ce nouveau match nul ? Avec le verre à moitié plein, nous pouvons nous dire qu’il est bienvenu au vu des trois pénalités manquées par Porical (dont une en face des poteaux) et qu’il nous permet de conserver une confortable avance sur nos principaux rivaux. Avec le verre à moitié vide, nous constatons que, comme à Castres, nous avons été incapables de gérer notre avance acquise en première mi-temps et les trois points qui nous séparaient de l’équipe adverse avant le dernier renvoi. Ajouté à cela cet essai tout fait englouti par Loamanu, à cinq minutes du terme, et c’est, pour moi, deux points de perdus. Frustrant.

Très peu de lancements de jeu propres, touches qui, pour nous, ne constituent qu’une simple remise en jeu, fébrilité sous les ballons hauts viennent, entre autres, peindre le tableau d’une partie mal maitrisée à l’image de cette mêlée sur notre introduction à huit contre sept, à deux minutes de la fin, lors de laquelle le ballon est rendu aux locaux. Il y avait pourtant grandement la place de ramener le double de points face à de poussifs perpignanais.

Peu de satisfactions individuelles à retenir à l’issue de ce match plutôt ennuyeux. Mettons tout de même en évidence les vieux briscards Hayman (facile face à Freshwater et performant sur le jeu court), Bruno, Shaw et El Abd très présents. Tillous-Borde a également fait son match, annihilant un essai (même s’il prend un carton) et en inscrivant un en soliste. Giteau, sans surprise, a fait un bon match avec 100% au but, un jeu au pied efficace et sa capacité à créer le danger ballon en main. À l’inverse, les déceptions ne manquent pas. Armitage a été en dessous de ses dernières performances et est en cause sur l’essai catalan. Missoup est passé à coté de son match : placages manqués, indiscipline et pas à son avantage ballon en main. Il va lui falloir se réveiller car la place de titulaire, en phase finale, aux côtés d’Armitage et du revenant Lobbe va être chère. Quand aux arrières, hormis Palisson (qui n’a encore pratiquement pas touché de ballon), pas dit qu’on les revoit de sitôt sur le pré. Rooney et Loamanu, sans doute à la recherche d’un exploit personnel pour se distinguer, ont tous les deux bouffé un essai tout fait et n’ont dégagé aucune sérénité. Au centre, Lovobalu et Messina ont été peu en vu et peu inspiré même si, à leur décharge, ils n’ont pas pour habitude d’évoluer avec Giteau en 10.

De toute évidence, Laporte va revenir a son groupe-type pour la dernière ligne droite de la saison. Une longue traversée puisqu’en cas de qualification, à Mayol, pour la demi puis la finale de Challenge Cup, ce que l’on espère, le Ercété n’aura plus de plage de repos et devra donc enchainer les matchs (dix à douze selon nos performances en phase finale de TOP14) jusqu’à la fin de la saison. Espérons que le groupe soit épargné au niveau des blessures pour faire face à ces nombreuses échéances.

11
mar 2012
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Il faut sauver le soldat BO !

Philippe Saint-André a livré la composition du groupe qui défiera l’Angleterre et on n’y trouve étonnement pas la trace de Dimitri Yachvili. Victime d’un lumbago, début février, il n’avait pas été appelé dans le but d’affronter l’Irlande. De retour à la compétition ce week-end, en championnat, face à l’UBB le natif de Brive a inscrit pas moins de 25 points. Rétabli et auteur d’une belle performance, son retour en bleu aurait paru logique pour celui qui avait démarré le tournoi au poste de titulaire et était présenté comme le numéro 1 devant Parra. Le staff du XV de France en a décidé autrement PSA se retranchant derrière la volonté de voir Julien Dupuy à l’œuvre, le même Dupuy qui n’a pas joué une seule minute face aux irlandais… De là à affirmer que Lagisquet, entraineur des arrières du XV de France mais aussi directeur du rugby au BO (le rugby n’est plus à un conflit d’intérêt près), a usé de son influence pour laisser Yachvili (dont Biarritz est aussi dépendant que le Barça est tributaire de Messi) à disposition du BO, il n’y a qu’un pas que je franchis sans hésiter. Serge Blanco (grand joueur mais petit président) malicieux face caméra, samedi, en invoquant la pseudo-blessure du demi de mêlée n’a, du reste, pas dû être étonné par cette annonce.

Passons sur l’arbitrage à sens unique lors du match face au Stade Toulousain (qui n’a pas empêché les haut-garonnais de s’imposer mais heureusement qu’ils savent marquer des essais) ou encore, suite à la suspension d’Aguiléra, la délocalisation choisie (sic) à Dax, distante d’à peine 60 km de la côte basque. Il faut, de toute évidence, sauver le soldat BO. Dans cette lutte pour ne pas pas descendre, l’USAP (sans Mas, ni Mermoz), l’AB et le LOU, lésés, n’ont que leur yeux pour pleurer. Il leur faudra être très fort pour passer devant ce BO protégé.

Edit du 12/03/12 : comme par hasard, alors qu’il n’y a pas de journée de championnat le week-end prochain, voilà que Dupuy est remplacé par Yachvili pour aller défier les gallois.

05
mar 2012
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Les « gros » font le boulot

Le troisième reçoit le cinquième, à Mayol. Montpellier, qui reste sur cinq victoires consécutives, vient pour faire un coup sur la rade. Grosse surprise avec la titularisation de Sir Wilko deux semaines, à peine, après sa blessure contractée à Paris. De quoi nous inciter à rapidement changer de médecin traitant. Missoup et Martin sont également présents sur le terrain (les deux joueurs en étaient venus aux mains au match aller), au même titre que Botha et Gorgodze. Le décor est planté. :)

La première mi-temps, outre son intensité, fut, pour le moins, ennuyante comme en témoigne le score à la pause (3-3). Les défenses prennent le pas sur des attaques peu inspirées et le taux de réussite des buteurs n’est que de 33% (1/3). Beaucoup d’imprécision, d’en avant et de fautes viennent ternir ce premier acte qui ne restera pas dans les annales. Quelques coups auraient pu être mieux joués mais Wilkinson n’est pas dans un grand soir. Juste avant la pause, Samson prend un carton (sévère ?) qui obligera ses partenaires à évoluer à XIV en début de seconde période.

Malgré leur infériorité numérique, les Rouge & Noir reprennent l’avantage, à la sortie des vestiaires, à la faveur d’une pénalité de Wilkinson (6-3). Samson ne rentre pas et est suppléé par Simon Shaw. À la 52′, sur une action très confuse, Palisson aplatit en coin suite à un coup de pied à ras de Wilkinson. Question : l’essai est-il valable en sachant que l’ailier toulonnais a ses jambes hors du champ de jeu au moment d’aplatir ? L’essai est finalement refusé ce qui aura le mérite d’animer l’après-match. Au final, ni l’arbitre vidéo (très brouillon dans ses explications), ni Palisson, ni Laporte ne connaissait la règle qui dit que « si un joueur attaquant est en touche ou en touche de but, il peut marquer un essai en effectuant un touché à terre dans l’en-but de l’adversaire, à condition qu’il ne soit pas porteur du ballon » (Article 22.4 – (g)). Où quand le rugby se complaît dans l’amateurisme.

Revenons au jeu. Wilko ajoute trois points (9-3). Le RCT joue davantage au près que lors des quarante premières minutes, tentant d’user la défense adverse. Et c’est bien du pack que viendra le salut du RCT. Dominés en fermée, les montpelliérains vont d’abord plier sur une mêlée à cinq mètres de leur en-but. Pragmatique, Toulon prend les trois points (12-3). Revenu dans les 22 adverses et en supériorité numérique suite à un carton jaune reçu par un pilier visiteur, le Ercété insiste sur la mêlée. Concassés, les héraultais rompent cette fois-ci et, fait peu banal en ce qui nous concerne, M. Poite accorde un essai de pénalité aux Rouge & Noir (19-3). L’écart est fait et Toulon gére tranquillement la fin de partie ne concédant que trois points (19-6 score final).

Doucement mais surement le pack toulonnais a pris le pas sur son vis-à-vis et au vu de l’excellente défense, sur la largeur, des montpelliérains c’était sans doute la bonne stratégie à adopter. Globalement, la conquête fut bonne avec également une touche en nette amélioration (Botha, impérial, en premier sauteur) par rapport à notre dernière sortie. On peut, en revanche, regretter notre stérilité, en phase offensive, au large.

Au niveau des joueurs, l’ensemble du pack est évidemment, en premier lieu, à féliciter. La première ligne a tenu plus de soixante minutes avant de laisser sa suppléante achever le travail. Dommage que Lewis-Roberts nous quitte en fin de saison. Solide en fermée et avançant systématiquement ballon en main ce n’est pas une mauvaise pioche. En seconde latte, la paire Botha – Shaw a fait mal et sera surement reconduite à chaque fin de match. En troisième ligne, Armitage est encore à créditer d’une bonne partie bien qu’un peu moins en vu que lors de ses deux dernières exceptionnelles sorties. Missoup, voulant sans doute trop en faire, a inhabituellement manqué un grand nombre de placages tout en étant souvent au contest dans les rucks. VNK a fait son match même s’il en fait parfois trop (passes osées, coup de pied). À la charnière, Tillous-Borde a été sobre tandis que Wilko est un peu passé à coté. En dehors des clous en première période (passes manquées, mauvais choix, coup de pied direct en touche, 1/3 dans ses tentatives de tirs au but), l’anglais s’est un peu repris lors du deuxième acte. Son excellent coup d’œil sur l’essai (refusé) de Palisson aurait dû permettre aux toulonnais de souffler un peu plus tôt. Les trois-quarts furent, quand à eux, assez peu inspirés. Smith ne fait plus aucune différence et Bastareaud a commis ses 2/3 en-avant hebdomadaire. Il serait logique que Messina, qui en a montré plus en moins de temps de jeu, soit promu titulaire à sa place. À l’arrière, Lapeyre fut impérial sous les chandelles adverses mais peu en vu offensivement.

Je fini par une doléance personnelle, celle de voir, au cours d’un même match, Giteau positionné en 10 et Wilkinson en 12. L’australien, plus joueur, plus casseur de ligne me semble plus à même de provoquer le trouble dans la défense adverse surtout quand, comme celle de Montpellier, hier soir, elle est aussi bien organisée. Le test ne me semble pas très risqué. Laporte qui a maintenant son groupe-type en tête ne devrait, néanmoins, rien chambouler en vu des prochaines échéances. Prochain rdv, samedi soir prochain, à Aimé-Giral.

03
mar 2012
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